Trump lance le "Conseil de paix" pour Gaza

Créé pour aider à la reconstruction de Gaza, puis doté d'une mission plus large de résolution des conflits, le "Conseil de paix" de Donald Trump tient, ce jeudi, à Washington, sa première réunion.

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Le président palestinien Mahmoud Abbas marchant devant Donald Trump lors du sommet consacré à Gaza à Charm el-Cheikh le 13 octobre 2025. / AP

47 pays dont seulement certains sont membres à proprement parler du "Conseil", et l'Union européenne, en "observatrice", discuteront de la reconstruction et la stabilisation du territoire palestinien, mission première de cet organisme entièrement à la main du président américain.

La rencontre a lieu à l'institut "Donald J. Trump pour la paix", récemment renommé en l'honneur du dirigeant républicain, à partir de 9h00 locales (14h00 GMT).

Donald Trump s'exprimera, tout comme le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair.

Selon la Maison Blanche, des engagements financiers de 5 milliards de dollars seront annoncés pour Gaza, ainsi que l'envoi de "milliers" de militaires pour une force de stabilisation.

Donald Trump est seul habilité à "inviter" d'autres chefs d'Etat et de gouvernement et peut révoquer assez facilement leur participation.

"Si cette réunion (jeudi) ne produit pas des résultats rapides et concrets" en particulier sur le plan humanitaire, "sa crédibilité va rapidement s'effondrer", prédit Max Rodenbeck, expert du International Crisis Group, dans un communiqué.

Après plus de quatre mois de cessez-le-feu, les tirs et les frappes israéliennes restent quotidiens à Gaza.

Concurrent de l'ONU ?

Au-delà de Gaza, le "Conseil de paix" a pour mission de "garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits".

De quoi faire concurrence aux Nations unies que le président américain juge inefficaces.

Les membres permanents du "Conseil de paix" doivent verser 1 milliard de dollars pour adhérer, ce qui suscite des critiques sur une possible version "payante" du Conseil de sécurité. 

Le président brésilien Lula l'a décrit comme "une nouvelle ONU dont (Trump) serait le seul maître."

Qui participe au "Conseil de paix" ?

Le chef de la diplomatie Gideon Saar représentera Israël. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban et le président argentin Javier Milei font le déplacement.

Nombre de pays arabes ont rejoint l'instance. L'Egypte sera représentée par le Premier ministre Mostafa Madbouly et la Jordanie par le ministre des Affaires étrangères Ayman Safadi.

Le président indonésien Prabowo Subianto, prêt à déployer 8.000 militaires pour la force de stabilisation, est attendu, tout comme plusieurs dirigeants d'Asie centrale qui ont rejoint l'initiative.

Les grands alliés traditionnels et les grands rivaux des États-Unis se sont abstenus dans leur majorité de rejoindre le "Conseil de paix" comme membres fondateurs.

L'Europe se divise toutefois sur l'attitude à adopter concernant spécifiquement la réunion de jeudi.

Certains pays non-membres participeront en "observateurs", comme l'Italie ou l'Allemagne. L'Union européenne a choisi la même approche et sera représentée par la commissaire Dubravka Suica.

La France, soutenue par l'Espagne, la Belgique ou l'Irlande, a critiqué cette décision de Bruxelles. Donald Trump a, en outre, retiré l'invitation faite au Canada, tandis que le Vatican a refusé de participer.

La Chine, invitée, n'a signalé aucune intention de participer et a exprimé à plusieurs reprises son attachement à un système centré sur l'ONU.

Le Japon réserve sa réponse sur une participation en bonne et due forme au "Conseil de paix". Il devrait envoyer ce jeudi son émissaire en charge de Gaza, selon la presse.

Plus de 75 000 morts à Gaza

Le véritable coût humain de la guerre menée par Israël contre Gaza excède largement les estimations officielles initiales. Des recherches indépendantes, publiées dans les plus prestigieuses revues médicales internationales, attestent de plus de 75 000 “morts violentes” au début de l’année 2025.

Ces conclusions, issues d’une série d’articles scientifiques de référence, indiquent que les données administratives du ministère de la Santé de Gaza doivent être considérées comme un seuil minimal prudent plutôt que comme une surestimation. 

Elles fournissent ainsi une base méthodologique solide pour mesurer l’ampleur des pertes palestiniennes.

L’Enquête sur la mortalité à Gaza (Gaza Mortality Survey, GMS), étude représentative des ménages publiée dans The Lancet Global Health, évalue à 75 200 le nombre de “morts violentes” entre le 7 octobre 2023 et le 5 janvier 2025. 

Ce chiffre correspond à environ 3,4 % de la population de Gaza avant le conflit, estimée à 2,2 millions d’habitants, et dépasse de 34,7 % les 49 090 “morts violentes” recensées par le ministère pour la même période.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au 16 février, au moins 72 063 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre. Parmi elles, 603 ont péri depuis l’annonce d’un “cessez-le-feu” à Gaza le 10 octobre 2025.

Israël a régulièrement mis en doute les chiffres du ministère. Toutefois, en janvier, un responsable de l’armée israélienne a indiqué à des journalistes que l’institution reconnaissait qu’environ 70 000 personnes avaient été tuées à Gaza depuis octobre 2023.