La région soudanaise du Darfour retourne-t-elle dans ses vieux travers? Vingt ans après les conséquences atroces de la guerre civile dans cette région de l’ouest du Soudan, la faim aiguë et les violations graves des droits des enfants sont de retour.
D'après l'UNICEF, dans son récent rapport intitulé nouvelle édition de SOS Enfants, les besoins des enfants se sont multipliés et ont gagné en complexité. Les déficits de financement, les restrictions d’accès, l’évolution de la nature du conflit et le manque d’attention de la communauté internationale sont autant d’obstacles pour venir en aide aux enfants.

"Il y a vingt ans, le monde entier s’est indigné face aux souffrances des enfants au Darfour. Aujourd’hui, une nouvelle génération est confrontée à une violence effroyable, à la faim et à la terreur", a déclaré Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.
"Le monde ne peut rester immobile alors que l’histoire se répète, et que les enfants au Darfour ont besoin de protection et d’un accès humanitaire durable. Les parties au conflit doivent mettre un terme à cette guerre dévastatrice."
À El-Fasher comme dans d’autres localités au Darfour du Nord, le conflit prolongé et les sièges ont privé les familles de tout accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé. Beaucoup ont été contraints de fuir vers des zones déjà surpeuplées. 5 millions d’enfants se trouvent aujourd'hui dans une situation de privations extrêmes, selon l’UNICEF.
Les enfants, principales victimes
Depuis le début de la guerre au Soudan, il y a trois ans, les Nations unies ont en effet pu documenter plus de 5 700 violations graves commises par les parties au conflit contre des enfants à travers le Soudan. Les enfants en sont les principales victimes avec 5 100 cas enregistrés contre eux, selon l’UNICEF.
Parmi ces enfants, plus de 4 300 ont été tués ou mutilés. Un constat qui semble aller en s’aggravant, puisque rien qu’au cours du premier trimestre 2026, au moins 160 enfants auraient été tués et 85 blessés au Soudan. Il y a une augmentation significative par rapport à la même période l’année dernière.
Face à cette situation, l’UNICEF appelle les parties au conflit à respecter le droit international et à protéger les populations civiles, notamment les enfants. Il les invite à garantir un accès humanitaire sûr et sans entrave, ainsi qu’à prévenir et à mettre fin aux violations graves commises envers les enfants. "L’organisation exhorte également les donateurs à fournir des financements souples et pluriannuels afin de pérenniser les programmes vitaux et de venir en aide aux enfants touchés par les déplacements transfrontaliers".
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