Pendant une mission de cinq heures, les forces américaines ont frappé des cibles militaires dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a indiqué le Commandement central américain (CENTCOM) dans la matinée.
Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.
Parmi les objectifs ciblés figuraient "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le CENTCOM.
"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radiophonique. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.
Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont revendiqué une opération à Bahreïn, notamment contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair. L'armée jordanienne a annoncé avoir intercepté quatre missiles iraniens dans l'espace aérien du pays.
Un péage américain sur le détroit d'Ormuz ?
Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".
Auparavant, il avait annoncé sur Truth Social que les États-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli. Il entrera en vigueur mardi à 20 h 00 GMT, selon l'armée américaine.
Le président américain a ajouté vouloir percevoir, en échange de la protection du détroit, "une rémunération correspondant à 20 % de la valeur des cargaisons", une mesure contraire au droit international, qui garantit la liberté de navigation.
Téhéran a aussitôt répliqué. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a répondu sur X : "L'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours."
Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, avant d'ajouter : "20 %, c'est évidemment trop. Nous serons équitables."
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les États-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.
Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9 %, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19 % à 84,29 dollars vers 02 h 00 GMT.
Après près de 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu est entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.
Mais depuis les attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir le détroit d'Ormuz, les affrontements ont repris, conduisant Donald Trump à affirmer que le cessez-le-feu était "terminé".
La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notification officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.
Au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP fondé sur les médias iraniens et des sources officielles.
Les négociations continuent
Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".
"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran, à laquelle assistait l'AFP.
Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.
Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit. Téhéran n'autorisait cependant qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.






















