Yémen: L’Arabie appelle au “dialogue”, un groupe soutenu par les Émirats réclame l’indépendance

L'Arabie saoudite invite les factions du Sud à Riyad pour discuter de “solutions justes à la question méridionale”, alors que les séparatistes du STC, soutenus par les Émirats, proclament une “Constitution” créant l’”État d'Arabie du Sud".

By
Le STC, qui s’est emparé de vastes portions de territoire, a annoncé un processus de transition de deux ans visant à établir « l’Arabie du Sud ». / AP / AP

L’Arabie saoudite a appelé les factions du sud du Yémen à participer à un “dialogue” à Riyad, après des frappes aériennes meurtrières et une initiative surprise d’indépendance menée par une milice séparatiste soutenue par les Émirats arabes unis.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux tôt ce samedi, le ministère saoudien des Affaires étrangères a exhorté à la tenue d’”une conférence globale à Riyad réunissant toutes les factions du Sud afin de discuter de solutions justes à la question méridionale”.

Riyad a précisé que le gouvernement yéménite avait émis l’invitation aux pourparlers.

L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis soutiennent depuis des années diverses factions au sein des territoires contrôlés par le gouvernement yéménite.

L’une de ces factions, le Conseil de transition du Sud (STC), soutenu par Abou Dhabi, pousse désormais à déclarer l’indépendance et à former un État séparatiste, ce qui diviserait en deux le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique.

Le STC, qui s’est emparé de vastes zones au cours des dernières semaines, a annoncé un processus de transition de deux ans visant à établir “l’Arabie du Sud” dans le sud du Yémen.

Le chef du STC, Aidarous al-Zubaidi, a déclaré dans un message vidéo que la constitution publiée par son groupe serait en vigueur pendant deux ans, à l’issue desquels un référendum serait organisé sur “l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple du Sud”.

Durant ces deux années, a-t-il ajouté, les “parties concernées” du nord et du sud du Yémen devraient engager un dialogue sur “une voie et des mécanismes garantissant le droit du peuple du Sud”.

Il a averti que si les autres factions refusaient cet appel ou recouraient à l’action militaire, “toutes les options resteraient ouvertes”.

La “constitution” en 30 articles proclame la création de “l’État d’Arabie du Sud”, couvrant le même territoire que l’ancienne République démocratique populaire du Yémen, l’État indépendant du Sud qui a existé de 1967 à 1990.

Vendredi, des frappes aériennes menées par une coalition dirigée par l’Arabie saoudite ont fait 20 morts, selon les séparatistes.
La coalition soutenue par Riyad a été formée en 2015 pour tenter de déloger les Houthis du nord du Yémen.

Mais après une guerre civile qui dure depuis une décennie, les Houthis restent en place, tandis que les factions soutenues par l’Arabie saoudite et les Émirats s’affrontent dans le sud.

Sécurité et stabilité régionales

Vendredi également, les Émirats arabes unis ont affirmé avoir totalement retiré leurs forces du Yémen.

Dans un communiqué relayé par l’agence de presse officielle WAM, le ministère de la Défense a indiqué avoir retiré ses derniers personnels engagés dans des missions de “lutte contre le terrorisme”, sur décision propre, en coordination avec ses partenaires et avec des mesures prises pour garantir la sécurité de ses forces.

Le ministère a précisé que cette décision faisait suite à une évaluation de la situation actuelle et s’inscrivait dans le rôle affiché des Émirats en soutien à la sécurité et à la stabilité de la région.

Le 30 décembre, les Émirats avaient annoncé qu’ils mettraient volontairement fin à leurs dernières missions “antiterroristes” début janvier, mettant ainsi un terme à leur présence militaire au Yémen, alors que les tensions au sein du Golfe s’intensifiaient.

Ces tensions se sont accrues fin 2025 après que les séparatistes du STC ont pris le contrôle de zones clés de l’est du Yémen, notamment le Hadramaout.

L’Arabie saoudite a réagi par des frappes aériennes contre ce qu’elle a présenté comme des livraisons d’armes émiraties et a appelé les forces des Émirats à quitter immédiatement le territoire.