Affaire Deranque: convocation ignorée, Paris sanctionne l’ambassadeur américain

Convoqué à la demande du ministre des Affaires étrangères français, le diplomate devait s’expliquer après la republication par l’ambassade américaine d’un message de l’administration Trump concernant la mort d’un militant d’extrême droite en France.

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Le ministère des Affaires étrangères français à Paris / Reuters

L’ambassadeur américain à Paris, Charles Kushner, ne s’est pas présenté lundi soir à la convocation du Quai d’Orsay, après la republication par la mission diplomatique d’un message de l’administration de Donald Trump concernant la mort d’un militant d’extrême droite en France.

Convoqué à la demande du chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, le diplomate devait s’expliquer après la republication par l’ambassade américaine d’un message de l’administration de Donald Trump concernant la mort d’un militant d’extrême droite en France.

Selon le ministère français des Affaires étrangères, l’ambassadeur “ne s’est pas présenté”, se faisant représenter par un responsable de l’ambassade qui aurait invoqué des engagements personnels. 

Vive réaction de Paris 

Face à ce que le ministère qualifie d’“apparente incompréhension des attendus élémentaires de la mission d’ambassadeur”, Jean-Noël Barrot a demandé que Charles Kushner ne puisse plus accéder directement aux membres du gouvernement français.

Une mesure rare entre deux pays liés par “une relation d’amitié vieille de 250 ans”, selon les termes mêmes du Quai d’Orsay. Le ministère précise toutefois que l’ambassadeur peut toujours se présenter afin d’engager des échanges diplomatiques “permettant d’aplanir les irritants”.

Ce n’est pas la première fois que le diplomate est convoqué. Fin août déjà, il avait été rappelé à l’ordre après des critiques américaines jugées inacceptables sur l’action d’Emmanuel Macron contre l’antisémitisme. À l’époque aussi, il avait été représenté par le chargé d’affaires.

La mort de Quentin Deranque, militant d’extrême droite radicale de 23 ans, battu à mort à Lyon par des membres présumés de l’ultragauche, est à l'origine de la crise.

L’administration Trump avait dénoncé la violence politique d’extrême gauche et appelé à ce que les responsables soient traduits en justice, évoquant des faits qui “devraient tous nous préoccuper”. Un message relayé par l’ambassade américaine à Paris.

Jean-Noël Barrot a vivement réagi, dénonçant toute “instrumentalisation” d’un “drame qui concerne la communauté nationale” et estimant que la France n’avait “aucune leçon (…) à recevoir de l’internationale réactionnaire” en matière de violence politique.