Contrat avec la police ICE: Thales mis en cause après les révélations sur Capgemini

Thales reconnaît que son logiciel d’empreintes digitales est utilisé par des agences de sécurité américaines, tout en niant l’information rapportée par Libération concernant une relation contractuelle avec la police de l’immigration américaine (ICE)

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Le groupe français Thales reconnaît que son logiciel d’empreintes digitales est utilisé par des agences de sécurité américaines / Reuters

"Thales n’a aucune relation contractuelle avec l’ICE et dément toute collaboration avec cette agence. Toute information qui laisserait penser le contraire est diffamatoire", a répondu le groupe mis en cause par le journal jeudi soir.  

"A ce jour, aucun élément ne permet d'établir que nos technologies seraient utilisées en violation des libertés fondamentales", selon la même source en réponse à l’enquête du journal qui affirme que le groupe français "facilite le travail des agences fédérales chargées de la politique migratoire" avec son logiciel "de gestion de données biométriques".

Thales a participé à l’élaboration du système Ident aux États-Unis avec une "brique logicielle" pour les empreintes digitales — pas pour la reconnaissance faciale, "plus sensible" et développée plus tard, a expliqué une porte-parole. 

Ce système avait été "mis en place après les attentats du 11 septembre pour consolider auprès du département de la sécurité intérieure une base de données pour les citoyens non américains qui rentrent et sortent de leur territoire", a-t-elle ajouté.

Son client officiel est L'OBIM (Office Biometric Identity Management) qui agit pour la compte du DHS (Département de la sécurité intérieure) dont dépend l'ICE, a-t-elle ajouté. 

Quant à Vormetric, un autre logiciel cité par Libération "que la police des frontières utilise ou a utilisé", il s'agit d'"un logiciel de chiffrement et de protection de données qui peuvent être jugées confidentielles" développé pour le compte de "Custom and Border Protection et non pour l'ICE", a souligné la porte-parole. 

L'autre géant d'informatique français, Capgemini, est ébranlé après la révélation d'un contrat passé avec l'ICE qui, selon le groupe, n'est pas "en cours d'exécution".

Selon des informations de l'association L'Observatoire des multinationales publiées la semaine dernière et développées par France 2, Capgemini a notamment fourni à l'ICE un outil d'identification et de localisation de personnes étrangères, alors que cette police est mobilisée par le président américain dans une vaste campagne anti-immigration.

CapGemini a convoqué un conseil d'administration extraordinaire qui doit se tenir ce weekend et a précisé dans un message interne envoyé aux salariés que le contrait "faisait l'objet d'un recours".