Lituanie: le plan français de "parapluie" ne peut remplacer la dissuasion nucléaire américaine
"Il ne faut pas privilégier un parapluie au détriment d'un autre. Tous les parapluies sont nécessaires, et l'essentiel est d'en avoir au moins un sous sa protection", a déclaré le ministre lituanien de la Défense.
Malgré la proposition française d'étendre son arsenal nucléaire et de créer un "parapluie" nucléaire européen, la Lituanie continue de compter sur les États-Unis pour sa dissuasion nucléaire, a affirmé le ministre lituanien de la Défense.
"Nous avons pleinement confiance dans les États-Unis", a déclaré Robertas Kaunas aux journalistes, réaffirmant la confiance de Vilnius dans les garanties de sécurité offertes par Washington, selon l'agence de presse LRT.
Ces propos interviennent quelques jours après l'annonce par le président français Emmanuel Macron de son intention de renforcer les capacités nucléaires de la France et d'explorer la possibilité d'un cadre de dissuasion nucléaire européen impliquant plusieurs pays.
Kaunas a indiqué que la volonté de la France de renforcer la dissuasion en Europe pourrait contribuer à la sécurité régionale, mais a souligné que le cadre existant de l'OTAN demeurait essentiel pour la Lituanie.
"La France, les États-Unis et d'autres pays amis renforcent tous leurs capacités de dissuasion. Il est positif que la France reconnaisse la nécessité d'accroître la dissuasion en Europe – cela signifie également une plus grande sécurité pour la Lituanie", a-t-il déclaré.
Le président lituanien, Gitanas Nauseda, avait auparavant exprimé une position similaire, affirmant que l'initiative française pourrait compléter le parapluie nucléaire de l'OTAN, mais ne saurait remplacer la protection américaine.
La Première ministre Inga Ruginiene a également souligné que toute décision relative à la dissuasion nucléaire devait être coordonnée avec l'UE et l'OTAN.
Kaunas a fait remarquer que la Lituanie demeurait protégée par les engagements de défense collective de l'OTAN et a mis en garde contre toute spéculation selon laquelle le pays pourrait être exclu du parapluie nucléaire proposé par la France.
"Nous avons des garanties de sécurité, et c'est probablement le plus important. Que ces garanties soient sous une bannière ou une autre importe peu. L'essentiel est qu'elles existent", a-t-il déclaré.
"Il ne faut pas privilégier un parapluie au détriment d'un autre. Tous les parapluies sont nécessaires, et le plus important est d'en bénéficier", a-t-il ajouté.
La proposition de Macron impliquerait plusieurs pays européens, dont l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark, qui pourraient accueillir des forces aériennes stratégiques françaises déployées à travers l’Europe dans le cadre d’un dispositif de dissuasion coordonné.