52 % des Britanniques ont voté pour le Brexit, avec un taux de participation élevé s'élevant à 72,2 % des inscrits. À l’inverse, aujourd’hui, 57 % des Britanniques jugent que le Brexit a été une erreur, selon les données de YouGov.
Si l’on creuse un peu plus, les Britanniques estiment que le Brexit a eu un impact négatif sur presque tous les sujets : le coût de la vie (66 %), l’économie (65 %), les perspectives des jeunes (57 %) ou encore l’immigration clandestine (56 %), d’après le groupe de réflexion European Council on Foreign Relations.
La sortie de l’Union européenne n’a pas entraîné de sursaut économique, mais elle n’a pas non plus provoqué un décrochage massif de l’activité.
L’économie britannique suit les soubresauts des économies européennes : croissance molle, choc du Covid, dans une sorte de mimétisme européen malgré elle.
En 2025, le PIB britannique serait inférieur de 6 à 8 % à ce qu’il devrait être, selon Le Grand Continent. Selon une étude de l’Observatoire de la politique commerciale (Global Trade Policy Observatory), les plus petites entreprises et les moins préparées ont payé le prix fort. Ainsi, le nombre de micro-exportateurs vers l’Union européenne a chuté de 31 % entre 2019 et 2024.
Les entreprises exportatrices ont dû se tourner vers de nouveaux marchés avec la fermeture du marché européen, notamment en Asie, mais cela ne compense qu'une infime partie des exportations perdues.
Une immigration multipliée par trois
Dix ans après le Brexit, les Britanniques doivent bien admettre que les promesses de campagne n’ont pas été tenues. La sortie de l’Union européenne devait permettre de récupérer les millions de livres sterling versés au budget européen afin de financer davantage le Service national de santé (NHS). Aujourd’hui, le NHS reste sous-doté.
L’autre grand sujet qui a mobilisé les partisans du Brexit fut celui de l’immigration. Il fallait reprendre le contrôle des frontières pour empêcher l’immigration illégale. Dix ans plus tard, le bilan est tout autre que le scénario vendu aux citoyens britanniques : l’immigration a tout simplement explosé.
Le nombre total de migrants au Royaume-Uni a augmenté de 75 % entre le référendum sur le Brexit, en juin 2016, et le pic atteint au printemps 2023. Les demandes d’asile ont quant à elles été multipliées par quatre, pour dépasser les 100 000 l’an dernier.
L’immigration européenne a baissé. Les chauffeurs polonais ou les ouvriers agricoles roumains ont disparu, mais ils ont été remplacés. On se rappelle tous de ces reportages montrant des agriculteurs qui ne trouvaient pas la main-d’œuvre nécessaire pour ramasser leurs choux-fleurs ou des sociétés de transport qui manquaient de chauffeurs.
Face à ce manque de main-d’œuvre, les Britanniques ont remplacé l’immigration européenne, permise par la libre circulation des personnes, par une immigration extra-européenne.

“Reform UK” toujours populaire
En janvier 2021, le gouvernement a en effet mis en œuvre un système d’immigration à points privilégiant les personnes qualifiées, tout en offrant des exceptions aux travailleurs saisonniers et aux travailleurs du secteur social.
Et cette nouvelle réalité démographique nourrit un mécontentement général. On assiste à la montée d’un nationalisme identitaire avec des personnalités comme Tommy Robinson, fondateur de la ligue de défense de l’Angleterre (English Defence League (EDL), mais aussi Nigel Farage qui, malgré l’échec du Brexit, progresse dans les sondages avec son parti Réformez la Grande Bretagne, “Reform UK”. Son parti a réalisé une percée spectaculaire en mai dernier lors d’élections locales.
Le parti de droite radicale anti-immigration a ravi au Parti travailliste des municipalités symboliques comme Hartlepool, l'une des villes les plus défavorisées du nord-est de l'Angleterre, et Tameside, bastion historique du Parti travailliste dans le nord-ouest du pays.




















