À l’occasion du 40ᵉ anniversaire de l’explosion du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, Volodymyr Zelensky a pris la parole pour rappeler l’ampleur de la tragédie de 1986 et ses conséquences durables sur l’Ukraine et le monde.
Dans son message, le président ukrainien a insisté sur la dimension toujours actuelle du risque nucléaire, estimant que les événements récents liés à la guerre en Ukraine montrent que la menace n’appartient pas uniquement au passé.
Sans nommer de cas précis dans son intervention commémorative, Zelensky a accusé la Russie de “terrorisme nucléaire”, une formule qu’il utilise régulièrement depuis le début du conflit armé entre Kiev et Moscou.
Pour les autorités ukrainiennes, la présence et les opérations militaires autour de sites nucléaires constituent une menace grave pour la sécurité mondiale, rappelant les risques d’un accident aux conséquences potentiellement catastrophiques.
Tchernobyl, symbole d’un risque toujours présent
Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, un test de sécurité mal maîtrisé déclenche une réaction incontrôlée dans le réacteur. L’explosion libère dans l’atmosphère une quantité massive de particules radioactives. L’incident est d’abord minimisé par les autorités soviétiques, avant que les radiations ne soient détectées à grande distance, notamment en Europe du Nord.
Des milliers de “liquidateurs” sont mobilisés dans les semaines et mois qui suivent pour contenir l’incendie, déblayer les débris et tenter de limiter la propagation de la contamination.
À seulement quelques kilomètres de la centrale, la ville de Pripyat est évacuée en urgence. Ses habitants, environ 50 000 personnes, quittent leurs foyers en quelques heures, pensant partir temporairement. Ils ne reviendront jamais.
Aujourd’hui encore, Pripyat demeure une ville fantôme, figée dans le temps : écoles abandonnées, appartements désertés, parcs d’attractions rouillés témoignent d’une vie brutalement interrompue.
Autour du site, une zone d’exclusion de plusieurs milliers de kilomètres carrés a été instaurée.
Le réacteur accidenté est aujourd’hui recouvert par un immense sarcophage de confinement, conçu pour limiter les fuites radioactives. Mais les ingénieurs alertent encore sur la fragilité à long terme de certaines infrastructures.
Les conséquences sanitaires du drame restent difficiles à quantifier précisément. Augmentation des cancers de la thyroïde, stress post-traumatique et déplacements forcés continuent d’affecter les populations touchées.
Sur le plan politique, Tchernobyl a profondément modifié la perception mondiale de l’énergie nucléaire, accélérant dans certains pays les politiques de sortie du nucléaire, tandis que d’autres ont renforcé leurs normes de sécurité.
La catastrophe de 1986 reste l’accident nucléaire civil le plus grave de l’histoire. Elle a profondément marqué l’Ukraine, l’Europe et les politiques énergétiques mondiales.
Quatre décennies plus tard, la zone autour de la centrale demeure sous surveillance, tandis que les infrastructures de confinement continuent d’être maintenues pour éviter toute fuite radioactive.
Pour Kiev, l’héritage de Tchernobyl rappelle la nécessité de protéger les installations nucléaires contre toute forme d’attaque ou de pression militaire.
L’intervention de Volodymyr Zelensky souligne que, pour l’Ukraine, ce passé n’est pas clos : il continue de résonner dans les enjeux sécuritaires et géopolitiques du présent.














