Les cours du pétrole ont bondi de plus de 2% lundi, repassant au-dessus de la barre des 90 dollars le baril, après les nouvelles frappes américaines contre l’Iran et la riposte de Téhéran.
Le Brent, référence internationale, progressait de 2,51 % à 90,31 dollars le baril, tandis que le West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, gagnait 2,19 % à 85,23 dollars, selon les données disponibles lundi matin. Les cours avaient brièvement dépassé 90 dollars dans les échanges asiatiques.
Cette hausse intervient après les frappes menées dimanche par les forces américaines contre deux lanceurs iraniens sur l’île de Larak, située dans le détroit d’Ormuz. Il s’agit des premières frappes américaines contre l’Iran depuis fin juillet. Téhéran a ensuite annoncé avoir attaqué des bases américaines en Jordanie et aux Émirats, faisant craindre une nouvelle escalade du conflit.

Le détroit d’Ormuz au cœur des inquiétudes
Pour les marchés pétroliers, l’enjeu principal reste la sécurité du détroit d’Ormuz, l’une des principales voies d’exportation énergétique au monde. Avant le début du conflit, environ 20 % des flux mondiaux de pétrole transitaient par cette voie maritime stratégique reliant le Golfe Persique au Golfe d’Oman.
Les échanges commerciaux y ont fortement ralenti ces derniers jours. Selon les données de suivi maritime citées par Reuters, seulement cinq navires de marchandises par jour ont traversé le détroit durant le week-end, les compagnies maritimes se montrant prudentes face au risque d’attaques. Une organisation britannique de sécurité maritime a par ailleurs signalé qu’un pétrolier avait été touché par un projectile samedi alors qu’il naviguait en direction du détroit.
Cette situation fait craindre aux investisseurs une nouvelle réduction des exportations de pétrole du Golfe.
Chaque nouvelle attaque autour du détroit d’Ormuz pourrait entraîner une hausse supplémentaire des prix si elle menace durablement le passage des pétroliers.
Selon un analyste de DBS cité par Reuters, la nouvelle escalade rend désormais plus incertain le calendrier d’une réouverture complète du détroit. Les négociations visant à mettre fin au conflit restent par ailleurs dans l’impasse.
Les perspectives restent donc très dépendantes de la durée des perturbations. JPMorgan estime qu’une prolongation d’un mois des perturbations pourrait ajouter environ 7 à 8 dollars au prix du baril de Brent, tandis que Goldman Sachs a évoqué un scénario pouvant porter le Brent jusqu’à 120 dollars si les difficultés de navigation dans le détroit d’Ormuz se prolongent.
Malgré ce rebond, le Brent et le WTI restent toutefois orientés vers une légère baisse sur l’ensemble du mois d’août, après avoir reculé de plus de 4 % la semaine dernière. Les investisseurs restent donc suspendus à l’évolution des combats, aux négociations diplomatiques et surtout à la capacité à rétablir durablement la circulation des pétroliers dans le détroit d’Ormuz.






















