La Russie a été la cible d’une attaque aérienne d’ampleur dans la nuit de samedi à dimanche, attribuée à l’Ukraine. Selon le ministère russe de la Défense, près de 600 drones ont été lancés en direction du territoire russe, dans ce qui constitue l’une des offensives les plus massives depuis le début de la guerre.
D’après les autorités, 556 drones ont été abattus entre 22 heures et 7 heures locales, auxquels s’ajoutent 30 autres neutralisés dans les heures suivantes. Ces interceptions, bien supérieures aux niveaux habituellement observés, ont concerné 14 régions, ainsi que la Crimée annexée et les zones maritimes de la mer Noire et de la mer d’Azov.
La région de Moscou a été particulièrement touchée. Le gouverneur Andreï Vorobiov a annoncé la mort de trois personnes : une femme à Khimki, au nord-ouest de la capitale, et deux hommes dans la commune de Mytichtchi, au nord-est. Plusieurs habitations et infrastructures ont également été endommagées, faisant au moins quatre blessés.
Dans la capitale, le maire Sergueï Sobianine a indiqué que plus de 80 drones avaient été interceptés. Une frappe a toutefois fait 12 blessés, “principalement des ouvriers” travaillant sur un chantier situé à proximité d’une raffinerie. Selon lui, l’installation n’a pas interrompu sa production, bien que trois immeubles résidentiels aient été endommagés.
Plus au sud, dans la région frontalière de Belgorod, un homme a été tué lors d’une attaque de drone visant un camion dans le district de Chebekino, ont rapporté les autorités locales.
Ces frappes interviennent dans un contexte de représailles croisées. Trois jours plus tôt, des bombardements russes meurtriers avaient visé Kiev, poussant l’Ukraine à promettre une riposte. L’armée de l’air ukrainienne a affirmé avoir, de son côté, intercepté 279 drones russes sur 287 lancés dans la même nuit.
Depuis le début de la guerre, l’Ukraine mène régulièrement des attaques sur le territoire russe, visant des infrastructures militaires et énergétiques afin d’affaiblir les capacités logistiques et financières de Moscou.
Si la région de la capitale est régulièrement ciblée, la ville de Moscou, située à plus de 400 kilomètres de la frontière ukrainienne, reste plus rarement visée directement, ce qui confère à cette attaque une portée symbolique particulière.

Des perspectives diplomatiques bloquées
Sur le plan politique, les tentatives de médiation restent au point mort. Une trêve temporaire de trois jours avait permis une accalmie relative à l’occasion des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Russie. Mais les hostilités ont repris immédiatement après son expiration.
Ce cessez-le-feu avait été négocié sous l’égide du président américain Donald Trump, sans déboucher sur des avancées durables.
Dans ce contexte, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a réaffirmé la détermination de son pays à répondre aux attaques russes. Il a notamment évoqué des frappes ciblant l’industrie pétrolière et les infrastructures militaires russes, ainsi que “ceux qui sont directement responsables des crimes de guerre”, selon ses propres termes.
La situation reste d’autant plus incertaine que les discussions, menées avec la médiation des États-Unis, sont aujourd’hui suspendues, sur fond de tensions internationales accrues.




















