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Au 4e anniversaire de la guerre, Zelensky appelle les États-Unis à “rester du côté de l'Ukraine”
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé, lors d'une interview à la chaîne américaine CNN, à son homologue américain Donald Trump de rester du côté de l'Ukraine, qui entre ce mardi dans sa cinquième année de guerre avec la Russie.
Au 4e anniversaire de la guerre, Zelensky appelle les États-Unis à “rester du côté de l'Ukraine”
Les États-Unis "doivent rester du côté (...) d'un pays démocratique qui lutte contre une seule personne", a déclaré Zelensky. / Reuters
il y a 13 heures

Les États-Unis "doivent rester du côté (...) d'un pays démocratique qui lutte contre une seule personne", a-t-il déclaré en référence au président russe Vladimir Poutine lors de l’entretien avec CNN conduit dans le palais présidentiel de Kiev, à la veille du quatrième anniversaire de la guerre déclenché par l’offensive russe du 24 février 2022.

Le président américain fait-il suffisamment pression sur Vladimir Poutine pour tenter de mettre fin à la guerre? "Non", a simplement répondu Volodymyr Zelensky à CNN. 

"On ne peut pas juste lui donner tout ce qu'il veut. Parce qu'il veut nous occuper. Si nous lui donnons tout ce qu'il veut, nous allons tout perdre - tous autant que nous sommes, nous devrons fuir ou devenir Russes", a-t-il lancé.

Vladimir Poutine "n'a pas atteint ses objectifs" de guerre ni "brisé les Ukrainiens", a soutenu le président Volodymyr Zelensky dans une vidéo diffusée ce mardi même.

"Nous avons préservé l'Ukraine et nous ferons tout pour parvenir à la paix, et pour que justice soit faite. Nous voulons la paix, une paix forte, digne et durable", a-t-il ajouté.

Peu avant, la cheffe de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est arrivée en Ukraine, pour manifester le soutien de l'UE à l'occasion de cet anniversaire.

Elle a indiqué sur la plateforme X souhaiter "envoyer un message clair au peuple ukrainien et à l'agresseur: nous ne céderons pas tant que la paix ne sera pas rétablie".

La dirigeante doit avec le président du Conseil européen, António Costa, prendre part à une rencontre trilatérale avec Zelensky. Ils ont également prévu de participer à une réunion en visioconférence de la Coalition des volontaires, rassemblant des alliés de Kiev.

Les négociations diplomatiques entre Kiev et Moscou amorcées en 2025 sous l'égide des Etats-Unis n'ont, pour l'heure, pas permis d'arrêter les combats.

Dans un communiqué, le Conseil européen a fait savoir que von der Leyen et Costa seraient présents à une "cérémonie de commémoration" et se rendraient sur le site d'une installation énergétique ukrainienne endommagée par les frappes russes.

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Échec d’accord sur des sanctions

En outre, à la veille du quatrième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, l’UE a échoué à s’accorder sur un 20e paquet de sanctions contre la Russie, bloquée par un veto de la Hongrie.

L'absence d'accord sur de nouvelles sanctions contre la Russie, en raison d'un veto hongrois, est un “revers”, a déploré lundi la chef de la diplomatie de l'UE Kaja Kallas.

“C'est un revers et un message que nous ne voulions pas envoyer aujourd'hui, mais le travail continue”, a-t-elle déclaré à l'issue d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE à Bruxelles, après avoir confirmé l'échec des 27 à se mettre d'accord sur un 20e “paquet” de sanctions contre Moscou, en raison du veto de la Hongrie.

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a assuré, ce week-end, qu'il bloquerait également, pour les mêmes raisons, l'adoption d'un prêt de 90 milliards d'euros en faveur de l'Ukraine, décidé en décembre par les dirigeants de l'UE, Hongrie y compris.

"Il est vraiment regrettable que la décision à laquelle tous les pays sont parvenus au Conseil européen, tous les dirigeants, fasse maintenant l’objet d’un revirement", a déploré Mme Kallas.

Pendant quatre années de guerre, les alliés occidentaux de l'Ukraine avaient imposé de lourdes sanctions à la Russie, la forçant à réorienter ses exportations d'hydrocarbures, essentielles à son économie, vers de nouveaux marchés, notamment en Asie.

Malgré de lourdes pertes, les troupes russes ont continué ces derniers mois d'avancer lentement sur le front, notamment dans le Donbass, le grand bassin industriel de l'est de l'Ukraine, épicentre des combats et dont Moscou revendique l'annexion.

Les négociations en cours, sous médiation américaine, bloquent principalement sur l'exigence de Moscou d'un abandon par les troupes ukrainiennes de la région orientale de Donetsk, un scénario que Kiev rejette.

Vendredi, le président Zelensky a souligné vouloir d'abord des garanties de sécurité de la part de Washington et un cessez-le-feu avant de "parler de compromis", y compris territorial, avec les Russes.

L'Ukraine demande notamment, en tant que garantie de sécurité, le déploiement de troupes européennes sur son territoire, ce que Moscou exclut.

Poutine a, quant à lui, averti à plusieurs reprises qu'il poursuivrait ses objectifs par la force si la voie diplomatique venait à échouer.

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Un coût de 500 milliards

La guerre a causé d'immenses destructions en Ukraine, un pays qui, avant le conflit, était déjà en proie à des difficultés économiques.

La reconstruction après la guerre coûtera quelque 588 milliards de dollars (plus de 500 milliards d'euros) sur la prochaine décennie, selon un rapport commun de Kiev, de la Banque Mondiale, de l'Union européenne et des Nations unies paru lundi.

Pour expliquer sa décision de déclencher son offensive, le Kremlin avait notamment soutenu que l'ambition de l'Ukraine de rejoindre l'Otan menaçait la sécurité de la Russie.

Lundi, au cours d'une remise de médailles à l'occasion de la journée des "défenseurs de la patrie", célébrée le 23 février, Poutine a assuré que les soldats russes protégeaient en Ukraine "les frontières" de la Russie, assuraient "la parité stratégique" entre puissances et combattaient pour "l'avenir" de leur pays.

L'Ukraine, ex-république soviétique, juge pour sa part que cette guerre illustre une résurgence de l'impérialisme russe visant à soumettre le peuple ukrainien.

Dans un entretien avec la BBC diffusé dimanche, Volodymyr Zelensky a estimé que Vladimir Poutine avait déclenché en Ukraine "une troisième guerre mondiale" et voulait "imposer son propre monde".

SOURCE:TRT français et agences