"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur lourd au-delà des mots, nous annonçons le décès de notre père bien-aimé", a déclaré sa famille dans un communiqué.
"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie remplie de beauté et de mémoire, ainsi qu’un héritage qui continuera de vivre à travers tous ceux qu’il a touchés", a-t-elle ajouté.
Les détails concernant les funérailles et la cérémonie commémorative seront annoncés ultérieurement, a précisé la famille.
Né en 1947 dans la ville de Birzeit, près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, Sliman Mansour comptait parmi les figures les plus importantes de l’art palestinien moderne. Il était à la fois peintre, sculpteur, écrivain et caricaturiste.
Pendant plus de cinq décennies, son œuvre a documenté la lutte palestinienne, le déplacement, l’attachement à la terre et la mémoire culturelle, à travers des symboles issus de l’histoire, du patrimoine et de la vie quotidienne palestiniens.
L’an dernier, Sliman Mansour avait reçu le "Prix international Necip Fazil de la culture et de l’art" des mains du président turc Recep Tayyip Erdogan. Cette distinction récompensait notamment sa capacité à représenter, avec une imagination et une inspiration exceptionnelles, des symboles de la culture, de l’histoire et des traditions palestiniennes, ainsi qu’à immortaliser la résistance du peuple palestinien à travers le langage de la peinture moderne depuis plus d’un demi-siècle.
Dans un entretien accordé à Anadolu en 2024, Mansour expliquait considérer l’art comme un moyen de "rendre leur humanité" aux Palestiniens, face aux tentatives de déshumanisation menées selon lui par "les Israéliens et l’Occident".
"En tant qu’artistes et personnes qui travaillons dans le domaine de la culture, notre rôle est de rendre son humanité au peuple palestinien", déclarait-il.
Mansour plaçait souvent la terre au centre de son œuvre. "Tout le monde se bat pour la terre, et la terre est ma principale source d’inspiration", disait-il.
Parmi ses œuvres les plus célèbres figure Le Chameau des épreuves, qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos. L’œuvre est devenue l’un des symboles les plus reconnaissables de la résilience palestinienne.
Dans le même entretien, Mansour adressait ce message aux Palestiniens vivant hors de leur patrie : "N’oubliez pas la Palestine, et la Palestine est belle."
"Dans mon art, il n’y a pas de message de haine. Il y a de la beauté et de l’amour", déclarait-il.


















