POLITIQUE
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Russie: le fondateur de Telegram Pavel Durov recherché pour “complicité de terrorisme”
Le fondateur et dirigeant de Telegram, Pavel Durov, fait l’objet d’un avis de recherche international émis par la Russie pour “complicité de terrorisme”, a annoncé ce mercredi le Service fédéral de sécurité russe (FSB).
Russie: le fondateur de Telegram Pavel Durov recherché pour “complicité de terrorisme”
Pavel Durov encourt la réclusion à perpétuité s’il est reconnu coupable

“Un avis de recherche international a été émis à l’encontre du dirigeant de Telegram, P. Durov”, a indiqué le FSB dans un communiqué cité par l’agence Interfax. L’entrepreneur est poursuivi dans le cadre d’une enquête pénale pour avoir, selon les autorités russes, facilité des activités terroristes.

Selon l’agence Tass, Pavel Durov encourt la réclusion à perpétuité s’il est reconnu coupable. Dans l’immédiat, ni l’entrepreneur ni Telegram n’ont publiquement réagi aux accusations russes.

Né en Russie et naturalisé français en 2021, Pavel Durov détient également les nationalités émiratie et de Saint-Kitts-et-Nevis. Il a fondé en 2013, avec son frère Nikolaï, Telegram, une application de messagerie instantanée hébergée dans le cloud et dont le siège se trouve à Dubaï. La plateforme, qui revendique plus d’un milliard d’utilisateurs, est notamment utilisée en Russie et en Ukraine par des responsables politiques, militaires et des médias.

Pavel Durov avait auparavant cofondé VKontakte, souvent présenté comme le “Facebook russe”. Il avait vendu ses parts dans le réseau social et quitté la Russie en 2014, après avoir affirmé avoir refusé de transmettre aux autorités les données de certains utilisateurs.

Telegram avait ensuite été bloqué en Russie entre 2018 et 2020, après son refus de communiquer au FSB ses clés de chiffrement. Pavel Durov avait soutenu qu’une telle transmission porterait atteinte à la vie privée des utilisateurs.

Le nouvel avis de recherche intervient également près de deux ans après l’ouverture, en France, d’une procédure judiciaire distincte visant le dirigeant de Telegram.

Interpellé puis mis en examen en France en 2024

Pavel Durov avait été interpellé le 24 août 2024, à son arrivée à l’aéroport du Bourget, près de Paris, à bord d’un avion privé en provenance de Bakou. Son arrestation était intervenue dans le cadre d’une information judiciaire ouverte le 8 juillet 2024, après une enquête préliminaire du parquet de Paris sur le fonctionnement de Telegram et sa coopération avec les autorités.

Après quatre jours de garde à vue, il avait été mis en examen le 28 août pour plusieurs infractions liées à la criminalité organisée. La justice française lui reprochait notamment un refus de communiquer des informations nécessaires à des interceptions judiciaires, ainsi que des faits de complicité dans l’administration d’une plateforme permettant des transactions illicites.

La procédure portait également sur des soupçons de complicité dans la diffusion de contenus pédocriminels, le trafic de stupéfiants, l’escroquerie et le blanchiment en bande organisée, ainsi que sur des manquements relatifs à la fourniture de services de cryptologie.

Pavel Durov avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec l’obligation de verser un cautionnement de cinq millions d’euros, de se présenter deux fois par semaine dans un commissariat et, initialement, de ne pas quitter le territoire français. Il avait ensuite obtenu l’autorisation de regagner temporairement Dubaï en mars 2025.

Telegram avait rejeté les reproches formulés contre son dirigeant, affirmant respecter la législation européenne et jugeant “absurde” qu’une plateforme ou son dirigeant soit tenu responsable des abus commis par ses utilisateurs.

Pavel Durov avait toutefois reconnu que la croissance rapide de l’application avait facilité son utilisation par des réseaux criminels et s’était engagé à renforcer sa modération.

Moscou avait dénoncé le traitement réservé à Durov

L’interpellation de Pavel Durov en France avait suscité de vives réactions en Russie. L’ambassade russe à Paris avait demandé des explications ainsi qu’un accès consulaire, tandis que la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, avait accusé les autorités françaises de refuser de coopérer en raison de la nationalité française de l’entrepreneur.

Le Kremlin avait appelé Paris à présenter des “preuves substantielles” et averti que la procédure ne devait pas se transformer en “persécution politique”.

Emmanuel Macron avait, de son côté, assuré que l’interpellation relevait exclusivement d’une enquête judiciaire et ne procédait d’”aucune décision politique”.

La procédure française et l’enquête russe reposent sur des qualifications et des faits distincts.​​​​​​​

SOURCE:TRT français et agences