Ebra (Est Bourgogne Rhône-Alpes) édite Le Dauphiné libéré (Grenoble), Le Bien public (Dijon), Le Journal de Saône-et-Loire (Chalon-sur-Saône), Le Progrès (Lyon), L’Est républicain (Nancy), Le Républicain lorrain (Metz), Vosges Matin (Épinal), L’Alsace (Mulhouse) et Les Dernières Nouvelles d’Alsace (Strasbourg). Ces titres couvrent au total 23 départements. Ce matin, ils sont en grève et vous avez peut-être rencontré vos journalistes en train de tracter dans les rues de votre ville pour expliquer leur mouvement.
Le groupe Ebra est le plus important groupe de presse français.
"Ce sera la première fois qu’il y aura une grève le même jour, et c’est aussi la première fois qu’il y a un plan de cette ampleur, qui touche tous les salariés", a noté Delphine Banas, déléguée syndicale SNJ-CGT au Républicain lorrain. "Nous sommes des journalistes et nous ne voulons pas être remplacés par des IA" explique t-elle.
Les salariés se mobilisent contre un plan de suppression de 400 emplois lié à une utilisation accrue de l’intelligence artificielle.
Selon le média La Lettre, Ebra envisage d’introduire l’intelligence artificielle pour relire et corriger les articles, ainsi que pour la mise en page. Ce point mobilise les syndicats, qui y voient le début d’une vague de licenciements.
Ebra compte 3 200 salariés, mais ses abonnements ont été divisés par deux en dix ans et les recettes publicitaires ont baissé, plaide la direction.
Au fil des ans et des acquisitions, le groupe Ebra a choisi d’uniformiser la mise en page et le contenu de ses neuf titres. Les articles sont mutualisés et les pages locales sont réduites. Tout cela au nom de la rationalisation des quotidiens, mais au prix d’une perte d’identité et d’ancrage local pour ces titres, dont beaucoup sont nés après la Seconde Guerre mondiale.
En 2025, les pertes nettes d’Ebra s’élevaient à 35 millions d’euros. Son actionnaire majoritaire, le Crédit mutuel, avait recapitalisé le groupe à hauteur de 458 millions d’euros deux ans auparavant.
























