Les Palestiniens de la Cisjordanie occupée par Israël et d’une zone centrale de Gaza assiégée se rendent aux urnes pour des élections municipales, un premier scrutin depuis la guerre menée par Israël à Gaza, marqué par un champ politique restreint et un désenchantement généralisé.
Selon la Commission électorale centrale basée à Ramallah, près de 1,5 million de personnes sont inscrites pour voter en Cisjordanie occupée, ainsi que 70 000 dans la région de Deir al-Balah, à Gaza, samedi.
La plupart des listes électorales sont alignées sur le parti Fatah du président Mahmoud Abbas ou se présentent comme indépendantes.
Aucune liste affiliée au mouvement de résistance palestinien Hamas n’est en lice.
Dans la plupart des villes, les candidats soutenus par le Fatah affronteront des listes indépendantes menées par des candidats issus de factions telles que le Front populaire de libération de la Palestine.

"Un processus crédible"
Mahmud Bader, un homme d’affaires de la ville de Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie occupée — où deux camps de réfugiés adjacents sont sous occupation israélienne depuis plus d’un an — a déclaré qu’il voterait malgré un faible espoir de changement réel.
"L’occupation (israélienne) est celle qui gouverne Tulkarem. Ce ne serait qu’une image montrée aux médias internationaux — comme si nous avions des élections, un État ou une indépendance", a-t-il déclaré à l’AFP.
Les bureaux de vote en Cisjordanie occupée seront ouverts de 7h00 (04h00 GMT) à 19h00, tandis qu’à Deir al-Balah, ils fermeront à 17h00 afin de faciliter le dépouillement à la lumière du jour, en raison du manque d’électricité dans l’enclave dévastée par la guerre, a indiqué la commission électorale à l’AFP.
Le coordinateur de l’ONU Ramiz Alakbarov a salué l’organisation d’un "processus crédible" par la commission.
"Les élections de samedi représentent une opportunité importante pour les Palestiniens d’exercer leurs droits démocratiques dans une période exceptionnellement difficile", a-t-il déclaré dans un communiqué.
"Confirmation de notre existence"
Fadi a expliqué que Deir al-Balah avait été choisie car c’est l’un des rares endroits de Gaza où "la population est en grande partie restée sur place et n’a pas été déplacée" malgré plus de deux ans de guerre menée par Israël.
Farah Shaath, 25 ans, s’est dite enthousiaste à l’idée de voter pour la première fois.
"Même si cela ne ressemble à aucune élection dans le monde, c’est une confirmation de notre existence continue dans la bande de Gaza malgré tout", a-t-elle déclaré à l’AFP.
La commission électorale indique avoir recruté du personnel électoral issu d’organisations de la société civile et avoir engagé "une société de sécurité privée pour sécuriser les centres de vote" à Gaza, a précisé son porte-parole Fareed Taamallah à l’AFP.


















