Israël a fait venir 240 membres de la communauté des Bnei Menashe en Inde dans le cadre d’un plan gouvernemental controversé visant à relocaliser environ 6 000 membres du groupe d’ici 2030 afin de soutenir leur intégration à long terme dans la société israélienne, selon The Jerusalem Post.
Les membres de la communauté indienne sont arrivés jeudi à l’aéroport Ben Gourion, près de Tel-Aviv, où ils ont été officiellement accueillis.
Le journal ajoute que ce groupe est le premier d’une série d’arrivées controversées prévues dans les semaines à venir, avec environ 600 immigrants attendus en trois vagues.
L’initiative plus large vise à relocaliser les membres restants de la communauté des Bnei Menashe vivant dans les États du nord-est de l’Inde, le Mizoram et le Manipur.
Selon ce plan, environ 1 200 immigrants supplémentaires devraient arriver d’ici la fin de 2026, tandis que la relocalisation complète d’environ 6 000 personnes est prévue d’ici 2030.
Certains des premiers groupes issus de cette communauté indienne ont établi des colonies illégales dans des zones telles que Hébron, en Cisjordanie occupée par Israël, ainsi que dans des colonies israéliennes illégales à Gaza avant 2005.
Dans un message publié sur X, l’historien et écrivain basé en Inde William Dalrymple a déclaré que "les Tibéto-Birmans du Mizoram, dans le nord-est de l’Inde, qui se sont convertis au christianisme dans les années 1940 puis, inspirés par un rêve, ont commencé à se convertir au judaïsme en 1951, ont davantage le droit de vivre en Israël que les Palestiniens, dont l’ADN prouve qu’ils sont les véritables descendants des Cananéens de l’âge du bronze".
Selon Times of Israel, les membres de cette communauté avaient été convertis au christianisme par des missionnaires au XIXe siècle, ajoutant que "les nouveaux arrivants en Israël devront se convertir pour obtenir la citoyenneté israélienne".

700 000 colons illégaux
Ce projet controversé fait suite à une décision gouvernementale approuvée en novembre sous le Premier ministre Benjamin Netanyahu, visant à favoriser le regroupement familial et à faciliter l’intégration de cette communauté dans la société israélienne.
Cette évolution intervient dans un contexte de hausse de ce que les données israéliennes qualifient de "migration inversée", avec environ 82 000 Israéliens ayant quitté le pays en 2024 et plus de 69 000 en 2025 dans le contexte de la guerre génocidaire à Gaza.
Depuis octobre 2023, la guerre menée par Israël à Gaza a fait plus de 72 000 morts palestiniens et plus de 172 000 blessés, ainsi qu’une destruction massive touchant 90 % des infrastructures de l’enclave.
Depuis sa création en 1948, Israël a fait venir des millions de Juifs et de convertis du monde entier pour s’installer en Palestine historique, tandis que des Palestiniens autochtones ont été déplacés ou expulsés.
Des rapports de l’ONU indiquent que l’expansion des colonies israéliennes illégales est à son niveau le plus élevé depuis 2017.
Sous l’actuel gouvernement, considéré comme particulièrement radical, les colonies en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est, ont augmenté de près de 50 %.
Environ 700 000 colons, soit près de 10 % de la population juive israélienne, vivent aujourd’hui dans ces colonies.




















