France: hommage sous haute tension au militant d'extrême droite battu à mort
Une marche se tient samedi en France, sous haute sécurité, en hommage au jeune militant d'extrême droite battu à mort, les autorités redoutant des affrontements dans un contexte de vives tensions politiques provoquées par cette affaire.
Le président Emmanuel Macron a appelé "tout le monde au calme". "C'est un moment de recueillement et de respect pour notre jeune compatriote qui a été tué", a affirmé le chef de l'Etat à l'ouverture du Salon de l'agriculture à Paris.
"Dans la République aucune violence n'est légitime", a-t-il insisté. "Il n'y a pas de place pour les milices, d'où qu'elles viennent", a-t-il ajouté en annonçant une réunion avec le gouvernement la semaine prochaine, pour "faire un point complet sur les groupes d'action violente qui sévissent et ont des liens avec les partis politiques quels qu'ils soient".
Quentin Deranque, 23 ans, a succombé après des coups assénés le 12 février alors qu'il était au sol, en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan à Lyon (sud-est), où il était venu assurer la sécurité de militantes d'un collectif identitaire.
Des rassemblements en hommage de l'étudiant, mais aussi des contre-manifestations de la mouvance antifascistes, sont prévus dans plusieurs villes de France samedi.
A Lyon, malgré une demande d'interdiction de la mairie, le ministère de l'Intérieur a finalement donné son feu vert à une marche intitulée "Lyon demande justice pour Quentin tué par les antifas", sur un parcours qui se terminera sur les lieux de l'agression.
"Un lynchage absolument abominable" consécutif à "une rixe entre deux groupes", a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui anticipe la présence de "2.000 à 3.000" participants.
La marche sera encadrée par "un dispositif de sécurité important", comprenant des renforts de policiers et gendarmes anti-émeutes, selon la préfecture, qui a justifié sa décision par la liberté d'expression et a exhorté les participants à ne montrer "aucune expression politique".
Le rassemblement est organisé par deux amies du défunt. L'appel à défiler est cependant abondamment relayé sur les réseaux sociaux par des groupuscules d'ultradroite.
Dans certains quartiers du parcours, les mouvements de l'ultragauche ont aussi collé des tracts appelant à "tenir tête aux racistes" ou conseillant aux "personnes racisées", "particulièrement visées" par les "néo-nazis" de rester chez elles.
Près du lieu de l'agression, les fenêtres d'appartements au rez-de-chaussée des immeubles ont été barricadées avec des planches.
Après la Première ministre italienne Giorgia Meloni jeudi, l'administration de Donald Trump a dénoncé vendredi la “violence politique d'extrême gauche”.
"La démocratie repose sur un principe fondamental: chacun peut exprimer librement son opinion sur la place publique, sans risquer d'être tué pour cela", a écrit sur X la sous-secrétaire d'Etat à la diplomatie publique, Sarah Rogers, disant suivre cette affaire "de près".