Israël perd progressivement le soutien des jeunes Américains, une évolution qui pourrait avoir des conséquences politiques durables pour l’une de ses alliances les plus importantes, avertit un groupe de réflexion israélien.
Le rapport de l’Institute for National Security Studies (INSS) met en évidence un fossé générationnel croissant dans les attitudes des Américains envers Israël.
Le rapport cite des données de sondage du centre de recherche américain Pew Research Center, recueillies fin mars et publiées plus tôt en avril, montrant que 60 % des adultes américains ont une opinion négative ou très négative d’Israël, contre 53 % l’année précédente et 42 % en 2022.
Les dernières statistiques, publiées pour la première fois dans le cadre d’une collaboration entre l’INSS et le Pew Research Center basé à Washington, montrent que 75 % des jeunes Américains âgés de 18 à 29 ans ont une opinion négative d’Israël. Chez les 30-49 ans, ce chiffre atteint 67 %.
L’enquête du Pew Research Center indique également que 80 % des démocrates ont une opinion plutôt ou très défavorable d’Israël, contre 41 % des républicains.
Parmi les jeunes électeurs proches du Parti démocrate, les opinions négatives sont encore plus marquées : 85 % des 18-29 ans et 83 % des 30-49 ans expriment une opinion défavorable d’Israël.
Selon l’INSS, le recul de la popularité d’Israël aux États-Unis touche plusieurs groupes religieux.
Les catholiques, les protestants et les chrétiens évangéliques blancs de moins de 50 ans déclarent tous avoir une opinion défavorable d’Israël. Le pays est particulièrement impopulaire chez les catholiques, avec 74 % des moins de 50 ans exprimant une opinion négative.
Même parmi les évangéliques blancs, un groupe influent dans la base politique du président américain Donald Trump, le soutien semble s’éroder. Parmi les moins de 50 ans, 50 % ont une opinion négative d’Israël, contre 47 % qui en ont une opinion favorable.
L’INSS souligne que les évangéliques blancs ont traditionnellement constitué le groupe le plus systématiquement pro-israélien en dehors de la communauté juive.
Le rapport met également en avant que, même si les catholiques n’ont historiquement pas été un pilier central du soutien à Israël, leur importance politique croît notamment en raison de figures comme le vice-président américain JD Vance et d’autres voix catholiques conservatrices au sein de la nouvelle droite américaine.
Dans sa conclusion, l’INSS avertit que ces tendances représentent un défi sérieux pour l’un des piliers essentiels de la sécurité nationale israélienne. Associées à d’autres enquêtes récentes, les conclusions suggèrent qu’aucun groupe démographique jeune au sein de la population américaine ne possède aujourd’hui une vision clairement positive d’Israël.
Même parmi les générations plus âgées, les perceptions défavorables semblent de plus en plus ancrées. Si cette trajectoire se poursuit, estime l’INSS, Israël pourrait se retrouver dans une situation où il ne disposerait plus d’une base de soutien stable dans aucun des deux grands partis politiques américains.
Le rapport souligne enfin que les évolutions au sein de la communauté juive américaine accentuent cette tendance.
Selon l’INSS, la communauté juive organisée, longtemps considérée comme un pilier essentiel du soutien à Israël, connaît une diminution de son influence politique, tandis que le mécontentement des Juifs américains envers la politique du gouvernement israélien progresse.
Cela contribue à des opinions plus critiques envers Israël, en particulier chez les jeunes Juifs.

















