Au moins 120 personnes sont décédées pendant ou peu après des interventions policières en Belgique entre 2010 et 2026, d'après une enquête menée par les médias belges Knack, Le Vif, De Tijd et L'Echo, publiée mercredi.
Cette base de données, compilée pour la première fois par des journalistes d'investigation, révèle que près de la moitié des victimes sont décédées sur les lieux ou lors de leur arrestation. Six des personnes décédées étaient mineures et ce chiffre serait probablement sous-estimé.
Parmi les cas les plus connus figurent ceux de Jonathan Jacob, Jozef Chovanec, la petite Mawda et Fabian, âgé de 11 ans.
Les journalistes ont recoupé les informations publiées dans la presse avec celles du parquet, d'avocats et de proches des victimes afin de vérifier ces données.
L'enquête a révélé que 46 % des décès impliquaient des armes à feu, 11 victimes ont été percutées par des véhicules et huit ont subi un arrêt cardiaque pendant ou peu après les interventions policières.
La moitié sur lors de l’arrestation
Environ 45 % des décès sont survenus sur les lieux ou lors de l'arrestation, tandis que 17 % sont morts en garde à vue. Les personnes décédées étaient armées dans 40 % des cas.
Brecht Castel, journaliste d'investigation chez Knack, a déclaré que certains décès relevaient de la légitime défense, mais que d'autres soulevaient des questions quant à la responsabilité de la police.
"Sans transparence, il est impossible de mener une enquête approfondie sur l'action de la police", a déclaré Kati Verstrepen, avocate et présidente de la Ligue pour les droits de l'homme, à Knack.
La criminologue Sofie De Kimpe a ajouté que, dans la culture policière belge, la transparence est perçue comme une menace plutôt que comme un outil d'amélioration.
Le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin, a affirmé que des enquêtes systématiques étaient menées en cas de décès lors d'interventions policières et que des mesures disciplinaires ou pénales étaient prises lorsque cela s'avérait nécessaire.












