Lors d’une conférence de presse largement dominée par la situation régionale, le chef de l’État a présenté la position française comme “strictement défensive”, disant qu’elle vise à protéger les ressortissants et les intérêts français, à soutenir les alliés régionaux, à préserver la liberté de navigation et la sécurité maritime, tout en œuvrant à la désescalade.
Le président français a indiqué avoir appelé à un moratoire sur les frappes ciblant les infrastructures civiles, en particulier énergétiques et hydrauliques.
Il a même appelé à une pause dans les combats à l’occasion de la fin du Ramadan et de la fête de l'Aïd-al-Fitr et de Norouz pour les Iraniens.
Selon lui, “les populations civiles, leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de toute escalade”.
Pas d’ouverture de force à Ormuz
Sur la question du détroit d’Ormuz, Emmanuel Macron a déclaré que la France était prête, “une fois que la situation serait plus calme”, à prendre part avec d’autres nations à un “système d’escorte de navires” dans le détroit.
Six pays ont annoncé ce jeudi être prêts à sécuriser le détroit d’Ormuz mais les conditions de cette intervention ne semblent pas très claires, ni les mêmes pour tous.
Le président français a toutefois insisté sur le fait qu’une telle mission n’aurait “pas vocation à être une action de vive force” et qu’elle devrait faire l’objet d’échanges ainsi que d’une “déconfliction avec l’Iran”, en y associant les acteurs du secteur maritime, notamment les transporteurs et les assureurs.
“Nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours”, a-t-il martelé.
Interrogé sur une possible initiative au Conseil de sécurité des Nations unies concernant Ormuz, le président français a affirmé que Paris menait actuellement des consultations exploratoires avec les principaux partenaires, en particulier les membres permanents du Conseil de sécurité, afin de tester l’opportunité d’un cadre onusien.
L’Europe face à la hausse des prix de l’énergie
Emmanuel Macron a refusé de spéculer sur un éventuel risque de récession en Europe, mais a jugé que les frappes contre les capacités de production d’hydrocarbures étaient “mauvaises pour tout le monde”, à la fois pour le Qatar et pour l’économie mondiale.
Il a rappelé que le G7 avait coordonné la semaine dernière une réponse commune permettant d’annoncer la libération de 400 millions de barils issus des réserves stratégiques.
Le président français a également plaidé pour des mesures d’urgence ciblées afin d’atténuer les effets de la hausse des prix de l’énergie, tout en affirmant que la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la décarbonation restaient, selon lui, la bonne stratégie à long terme.
Liban: soutien à la souveraineté et rejet d’un “plan français”
Au sujet du Liban, Emmanuel Macron a appelé à “la cessation immédiate des hostilités” et estimé que l’opération militaire terrestre israélienne au Liban ainsi que les bombardements n’étaient “pas adaptés” et même “inacceptables” au regard du droit international, comme des intérêts du Liban et de la sécurité durable d’Israël.
Il a par ailleurs démenti l’existence d’une proposition française conditionnant l’arrêt des frappes contre une reconnaissance d’Israël par le Liban, assurant qu’il n’y avait absolument pas de proposition française mettant “dans la balance une reconnaissance quelle qu’elle soit”.











