Amnesty International a accusé Israël, mercredi, de mener une campagne de "nettoyage ethnique" contre les communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie occupée, affirmant que ces mesures visent à accélérer l’annexion du territoire palestinien.
Un nouveau rapport de l’organisation de défense des droits humains révèle que ces communautés rurales palestiniennes sont les principales victimes des violences et des déplacements forcés perpétrés par les colons israéliens illégaux.
"Les autorités israéliennes accélèrent l’annexion par le biais d’une campagne d’État de nettoyage ethnique ciblant les communautés bédouines et pastorales palestiniennes" de Cisjordanie, indique le rapport publié mercredi.
Amnesty International a déclaré que ses recherches ont démontré que 27 communautés bédouines et pastorales, regroupant des centaines de Palestiniens, ont été déplacées de force entre 2023 et 2025 ou étaient menacées de déplacement dans la zone C de la Cisjordanie occupée, qui représente 60 % du territoire et est sous contrôle israélien en vertu des accords d'Oslo de 1990.
Dans son rapport intitulé "Effacer toute trace de Palestine : le nettoyage ethnique par Israël des communautés bédouines et pastorales de Cisjordanie", Amnesty International accuse le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, l'un des plus à droite qu'Israël ait connus à ce jour, de servir l'agenda nationaliste religieux du mouvement des colons.
"Ce gouvernement a accéléré l'expansion des colonies et les accaparements de terres, accru le soutien financier et logistique aux colonies et armé les colons, permettant ainsi une campagne brutale de violence menée par les colons avec l'aval de l'État", indique le rapport.
Dans une tentative manifeste de contrer les arguments des responsables israéliens selon lesquels la violence des colons serait le fait d'individus mal intentionnés au sein de cette communauté, Amnesty International a mis en avant les "appels explicites lancés par des responsables israéliens en faveur de l'expansion des colonies" et les "mesures visant à minimiser la présence palestinienne en zone C".
"La campagne de nettoyage ethnique est menée et financée par l'État, et non le fait de colons isolés ou de prétendus ministres extrémistes", conclut le rapport.
"Déportation illégale"
Le ministre des Finances d'extrême droite, Bezalel Smotrich, qui vit lui-même dans une colonie illégale, est un fervent partisan de l'annexion de la Cisjordanie et a été interdit de séjour en France mardi pour en avoir activement fait la promotion.
En mai 2026, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme avait également dénoncé des signes de "nettoyage ethnique" à Gaza et en Cisjordanie occupée.
Amnesty International a rappelé les responsabilités juridiques d'Israël en tant que puissance occupante en Cisjordanie et ses violations du droit international humanitaire.
"Ces violations comprennent le crime de guerre de déportation et de transfert illégaux, ainsi que le crime contre l'humanité de déportation ou de transfert forcé de population", indique le rapport.
Les communautés bédouines et pastorales, souvent isolées et dépourvues de services de sécurité, sont particulièrement vulnérables à la menace de violence ou de déplacement.
Depuis 2023, des journalistes de l'AFP ont constaté le départ de plusieurs communautés bédouines de Cisjordanie occupée sous la pression de groupes de colons, notamment la communauté de Ras Ein al-Auja début 2026.
"Ce qui se passe aujourd'hui, c'est l'effondrement total de la communauté suite aux attaques incessantes et répétées des colons", a déclaré Farhan Jahaleen, un Bédouin du village, à l'AFP en janvier.
Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement Netanyahu fin 2022, 102 colonies ont été autorisées en Cisjordanie occupée, selon l'organisation de surveillance des colonies La Paix Maintenant.
Hormis Jérusalem-Est occupée, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies de Cisjordanie occupée, territoire qu’Israël occupe depuis 1967, parmi quelque trois millions de Palestiniens.
Toutes les colonies israéliennes sont considérées comme illégales au regard du droit international.
Selon des organisations de défense des droits humains, certains colons se sont livrés à des incendies criminels, des actes de vandalisme, des vols de biens privés dans les communautés palestiniennes, ainsi qu’à des agressions physiques et parfois à des meurtres.
Le nombre de ces incidents a augmenté de façon constante après le début de la guerre à Gaza en 2023, atteignant en moyenne six par jour en Cisjordanie occupée en 2026, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).






















