Le gouvernement souhaite notamment améliorer la surveillance maritime et intervenir plus en amont des départs depuis les Comores et d’autres pays de la région.
Réuni à la base navale de Dzaoudzi avec plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez et la ministre des Armées Catherine Vautrin, Sébastien Lecornu a annoncé une "militarisation plus importante" de la protection de l’archipel, tout en affirmant que les missions respectives des forces de sécurité intérieure et des armées seraient maintenues.
Le dispositif doit notamment s’appuyer sur de nouveaux moyens de surveillance. Des drones de longue portée, des drones embarqués sur les intercepteurs et des ballons stationnaires équipés de capteurs doivent compléter les moyens existants.
Le gouvernement prévoit également de recourir à l’intelligence artificielle pour améliorer la détection des embarcations.
Un poste avancé permanent doit par ailleurs être installé sur l’îlot de Mtsamboro, au nord de Mayotte, avec la présence d’un détachement de la Légion étrangère ainsi que des capacités radar et optiques. De nouveaux radars doivent également être installés d’ici août 2027.
Davantage d’intercepteurs
Le gouvernement prévoit également d’augmenter les moyens maritimes. Le nombre d’intercepteurs, qui était de quatre en 2017, atteint neuf en 2026 et doit passer à 13 ou 14 en 2028.
Dix doivent être disponibles d’ici à la fin de cette année, selon les annonces faites lors de la réunion.
Un avion léger de surveillance et de reconnaissance supplémentaire doit aussi rejoindre La Réunion en septembre, portant à quatre le nombre d’appareils disponibles pour surveiller la zone.
Selon les chiffres présentés par les autorités, 16 500 éloignements ont été enregistrés à Mayotte au cours du premier semestre 2026. Les autorités estiment toutefois que les réseaux de passeurs adaptent leurs méthodes et connaissent les dispositifs de détection déployés autour de l’archipel.
Les arrivées concernent principalement des personnes en provenance des Comores voisines, mais les autorités constatent également une progression des flux en provenance de pays de la région des Grands Lacs, notamment de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi.
Coopération renforcée avec les pays de départ
Sébastien Lecornu a également annoncé vouloir renforcer la coopération avec les pays d’origine et de transit. La France envisage de conditionner une partie de son aide publique au développement à la coopération de plusieurs États dans la lutte contre les passeurs et la réadmission de leurs ressortissants en situation irrégulière.
Les pays concernés sont notamment les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya. Le Premier ministre a toutefois précisé que l’aide humanitaire directement destinée aux populations ne serait pas concernée par ce mécanisme.
Ces annonces interviennent alors que le gouvernement poursuit également le chantier de reconstruction de Mayotte, frappée par le cyclone Chido en décembre 2024.
Sébastien Lecornu, en déplacement dans l’archipel les 26 et 27 août, doit également faire le point sur les infrastructures, l’éducation, la santé et la reconstruction, près de deux ans après la catastrophe.























