POLITIQUE
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Paris et Alger veulent relancer leur coopération
Les présidents français et algérien ont convenu de baisser la tension après huit mois de crise intense. La perspective d’un nouveau départ de la relation bilatérale entre Paris et Alger se précise.
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Paris et Alger veulent relancer leur coopération
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune (à gauche) et le président français Emmanuel Macron (à gauche) se rencontrent lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques de 2022, Charm el-Cheikh, en Égypte, le 07 novembre 2022./PRÉSIDENCE ALGÉRIENNE / AA

Le président français Emmanuel Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune ont décidé, lundi, de relancer leur coopération à l'issue d’un échange téléphonique, huit mois après le déclenchement de la crise entre Paris et Alger.

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“Les deux chefs d’Etat ont réitéré leur volonté de renouer le dialogue fructueux qu’ils avaient consacré avec la Déclaration d’Alger d’août 2022 (...)”, selon un communiqué  conjoint. 

Tebboune et Macron ont discuté de manière “approfondie, franche et amicale” sur l’état des relations entre Paris et Alger et “les tensions qui se sont accumulées ces derniers mois”, précise le communiqué.

Barrot à Alger dimanche prochain

Pour mettre en œuvre cette nouvelle dynamique, le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, M. Jean-Noël Barrot, se rendra à Alger le 6 avril à l’invitation de son homologue algérien M. Ahmed Attaf. 

“Cette visite permettra de détailler ce programme de travail ambitieux, d’en décliner les modalités opérationnelles et le calendrier de mise en œuvre”, d'après le communiqué de l'Elysée qui annonce une prochaine rencontre entre Macron et Tebboune, à une date qui n’a pas été précisée.

Visiblement, Paris et Alger veulent donner une nouvelle impulsion à leurs relations en faisant un tour d’horizon des principaux points de blocage. 

Si les deux présidents ont décidé de reprendre la coopération judiciaire, avec une visite en vue de Gérald Darmanin, ministre français de la Justice à Alger, le chef de l’Etat français a “réitéré sa confiance dans la clairvoyance du président Tebboune et appelé à un geste de clémence et d’humanité” envers l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, condamné, jeudi, à cinq ans de prison ferme par un tribunal algérien.

Au sujet de la mémoire commune, “la commission mixte des historiens reprendra sans délai ses travaux et se réunira prochainement en France ; les conclusions de ses travaux et ses propositions concrètes seront remises aux deux chefs d’Etat avant l’été 2025”.

Concernant les affaires, “Ils se sont engagés à œuvrer au renforcement des échanges et des investissements dans le respect des intérêts des deux pays. Le président de la République a fait part à son homologue algérien de l’appui de la France à la révision de l’accord d’association Union européenne - Algérie”. 

Rencontre au sommet en vue

Pour courroner l’apaisement et le réchauffement des relations entre les deux pays, les deux présidents sont arrivés à un accord de principe de tenir une rencontre à une date à préciser.

L’annonce par Emmanuel Macron en juillet 2024 de son soutien à la marocanité du Sahara occidental, un territoire revendiqué par le front Polisario, soutenu par Alger a plombé les relations entre Paris et Alger.

La tension s’est amplifiée avec l’arrestation, dès son arrivée à Alger, de l'écrivain franco-algérien  Boualem Sansal, suite à des propos polémiques sur la délimitation des frontières entre l'Algérie et le Maroc.

Le refus de l'Algérie d'accueillir ses ressortissants expulsés de France pour des crimes a davantage cristallisé la crise.