Ils ont manifesté deux ans durant contre la corruption et l'ont finalement emporté dans les urnes face au dirigeant nationaliste Aleksander Vucic: le mouvement étudiant a écrit une page d'histoire en Serbie dimanche.
Figure dominante de la vie politique nationale depuis 14 ans, Vucic a concédé sa défaite aux législatives anticipées face à la liste des étudiants, composée de représentants de la société civile, une annonce qui a provoqué une explosion de joie dans tout le pays.
"Il est clair que nous avons perdu ces élections", a-t-il déclaré à ses partisans au siège de son parti dans la capitale. "C'est la liste des étudiants-bloqueurs qui a remporté la victoire. Elle aura entre 135 et 140 sièges, et nous environ 105", a-t-il dit.
Ayant maintenu des liens étroits avec la Russie tout au long de son mandat, il a imputé le résultat aux influences étrangères.
"Je veux que les gens sachent que cela a été la validation d’une révolution menée avec le soutien direct de plusieurs pays européens et de l'État profond américain, celui qui est aussi contre le président Trump", a-t-il déclaré.
Présenté par les étudiants comme un "référendum anti-Vucic", ce scrutin était le premier depuis 2012 à esquisser, pour 6,4 millions d'électeurs, la possibilité d'une alternance.
Deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, le taux de participation frôlait les 65 %, au plus haut depuis plus de 30 ans.
La dernière forte mobilisation électorale, d'environ 70 %, remontait à l'éviction de l'ancien dirigeant Slobodan Milosevic en 2000, et reste une référence dans l'histoire politique serbe.
Cette victoire spectaculaire est l'aboutissement de près de deux années de protestations déclenchées par l'effondrement en 2024 d'un auvent de la gare de Novi Sad, deuxième ville de ce pays des Balkans.
Seize personnes étaient mortes et les étudiants ont estimé que l'accident était une conséquence de la corruption endémique.
Au plus fort de la mobilisation, des centaines de milliers de personnes ont manifesté dans la capitale.
Au fur et à mesure, leurs revendications se sont transformées en appels à des élections anticipées.
Début septembre, Vucic, vice-Premier ministre à partir de 2012, puis Premier ministre en 2014 et président en 2017, a fini par convoquer les élections, démissionnant de son second mandat à la tête de l'État afin de mener la campagne pour son camp.






















