La Société des journalistes (SDJ) de France 24 a dénoncé jeudi ce qu'elle qualifie d'"atteinte grave à la liberté de la presse" après qu'une équipe de la chaîne a été confrontée à des pressions lors d'une interview réalisée dans le cadre de la promotion du film La Bataille de Gaulle.
Selon un communiqué de la SDJ, les journalistes Nina Masson et Yong Chim ont été visés par une tentative d'intimidation à la suite d'une question posée à l'un des acteurs du film concernant la tribune anti-Bolloré, publiée avant le Festival de Cannes et signée par plusieurs centaines de professionnels du cinéma.
Cette tribune exprimait des inquiétudes quant à l'influence croissante du milliardaire Vincent Bolloré sur le secteur cinématographique français à travers les activités du groupe Canal+ et du réseau UGC. Elle avait suscité un important débat dans le monde du cinéma ainsi que des réactions politiques.
D'après la SDJ de France 24, l'incident est survenu après l'entretien. L'organisation affirme que l'attachée de presse de l'un des acteurs aurait tenté d'empêcher l'équipe de quitter les lieux et aurait exigé la restitution de la carte mémoire contenant l'enregistrement de l'interview.
Les journalistes auraient refusé cette demande, jugée contraire aux principes de la liberté de la presse et de l'indépendance éditoriale.
La SDJ affirme également qu'une seconde attachée de presse est ensuite intervenue et que les deux journalistes ont été amenés à signer un document s'engageant à ne pas diffuser le passage concerné.
Dans une déclaration relayée par les médias français, la présidente de la SDJ de France 24, Julie Dungelhoeff, a comparé ces méthodes à celles rencontrées dans certains "régimes autoritaires", estimant qu'elles constituent une tentative de censure inacceptable.
La direction de France 24 a également condamné les pressions exercées contre ses journalistes, qualifiant ces pratiques d'"archaïques" et d'atteinte à la liberté de la presse.























