L'envoyé spécial de la Türkiye auprès des Nations Unies a adressé une lettre aux Nations Unies rejetant l'objection de la Grèce à l'utilisation du terme "détroits turcs" lors d'une récente session du Conseil de sécurité. Ankara a qualifié la position grecque de "regrettable" et de politiquement motivée.
Dans cette lettre du 8 mai adressée au Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, et au Président du Conseil de sécurité, Fu Cong, l'ambassadeur turc auprès des Nations Unies, Ahmet Yildiz, a indiqué que l'objection de la Grèce lors de la réunion du 29 avril "a détourné l'attention des questions de fond débattues et semblait viser des intérêts nationaux plutôt que de contribuer aux objectifs de la réunion".
"La Türkiye rejette fermement et totalement les allégations infondées de la Grèce", a écrit M. Yildiz dans sa lettre, ajoutant que "les tentatives de politisation d'un terme géographique largement utilisé ne contribuent ni à un dialogue constructif, ni à la stabilité régionale, ni à la bonne compréhension du régime de la Convention de Montreux de 1936".
Il a précisé que l'expression "détroits turcs" est "une expression géographique bien établie" désignant collectivement le détroit d'Istanbul et le détroit de Çanakkale, tous deux situés sous souveraineté turque.
"L'expression "détroits turcs" est descriptive, géographiquement exacte et pleinement compatible avec l'application continue de la Convention de Montreux", indique la lettre.
L'envoyé turc a également souligné que la pratique internationale établie en matière de dénomination géographique privilégie les formes nationales officielles et a noté que l'expression "détroits turcs" est "utilisée de manière conventionnelle et constante dans de nombreux documents internationaux, notamment les résolutions et documents de l'OMI (Organisation maritime internationale) et de l'OTAN".
Yildiz a également déclaré que la Convention de Montreux de 1936 est un accord juridique régissant le passage par le détroit d'Istanbul, la mer de Marmara et le détroit de Çanakkale, et n'avait pas pour but d'uniformiser la dénomination géographique au-delà de cet objectif.
Dans ce contexte, il a affirmé que les tentatives de la Grèce d'imposer une terminologie autre que "détroits turcs" ne pouvaient s'expliquer que par ses "aspirations historiques", ajoutant que de telles démarches ne modifieraient en rien le statut juridique ou politique de ces voies navigables.
Cette lettre faisait suite à l'objection formulée par la Grèce lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à "la sécurité et la protection des voies navigables dans le domaine maritime", au cours de laquelle Yildiz avait qualifié les détroits d'Istanbul et de Çanakkale de "détroits turcs".
Dans une autre déclaration soumise au Conseil, la Grèce a soutenu que l'expression "détroits turcs" était "incompatible avec la Convention de Montreux de 1936 relative au régime des détroits".
La Grèce a déclaré que la terminologie utilisée dans la convention est "les Détroits", à savoir "les détroits des Dardanelles, la mer de Marmara et le Bosphore".
Athènes a cherché à bloquer les procédures à l'ONU et à l'OTAN concernant l'utilisation du terme "Détroits turcs", malgré les pratiques et principes internationaux établis qui privilégient les noms géographiques dans leur forme nationale officielle.























