Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré, ce dimanche, que l’Iran était prêt à se réunir avec les pays de la région afin de former une commission d’enquête conjointe chargée de déterminer la nature des cibles visées par les frappes et de vérifier si elles étaient liées aux États‑Unis, alors que les hostilités entre Téhéran et Washington continuent de s’intensifier dans la région.
Dans une interview accordée au quotidien londonien Al-Araby Al-Jadeed, Araghchi a affirmé que les frappes menées par l’Iran visaient “les bases et les intérêts américains dans la région”, dans le cadre de la riposte de Téhéran aux attaques lancées contre l’Iran depuis ces installations.
Le chef de la diplomatie iranienne a déclaré que Téhéran disposait d’informations indiquant que les États-Unis et Israël lançaient des attaques depuis certains sites situés dans des pays arabes.
“Nous n’avons jusqu’à présent visé aucune zone civile ou résidentielle dans les pays de la région”, a-t-il insisté, malgré des informations faisant état de frappes contre des aéroports, des hôtels et d’autres infrastructures civiles dans des pays du Golfe.
Abbas Araghchi a également menacé de représailles contre des entreprises américaines présentes dans la région si des installations pétrolières iraniennes étaient prises pour cible.
“Si nos installations énergétiques sont visées, nous ciblerons également les installations des entreprises américaines dans la région”, a-t-il averti.
Le ministre a, par ailleurs, affirmé que les États-Unis avaient développé un drone similaire au drone iranien Shahed, baptisé “Lucas”, qui serait utilisé pour frapper des cibles dans des pays arabes. Il a toutefois précisé que ces informations faisaient encore l’objet d’une vérification.
Araghchi a fait savoir que les communications diplomatiques avec les pays voisins se poursuivaient, notamment avec le Qatar, l’Arabie saoudite et Oman.
“Les contacts diplomatiques ne se sont pas arrêtés”, a-t-il affirmé, ajoutant que plusieurs pays de la région menaient actuellement des efforts de médiation pour tenter de réduire les tensions et proposer des pistes afin de mettre fin au conflit.
Selon lui, l’Iran est prêt à examiner toute proposition permettant d’assurer “une fin complète de la guerre”.
Depuis que les États-Unis et Israël ont lancé des attaques conjointes contre l’Iran le 28 février, les hostilités se sont intensifiées. Ces frappes auraient fait environ 1 200 morts, dont l’ancien guide suprême Ali Khamenei.
L’Iran a riposté depuis, par des frappes de drones et de missiles, visant notamment Israël ainsi que des pays comme la Jordanie, l’Irak et plusieurs États du Golfe accueillant des installations militaires américaines.













