Le dépouillement partiel laisse entrevoir une victoire sans majorité pour le bloc du Premier ministre sortant, Benyamin Netanyahu. C’est le scénario que beaucoup craignaient. Une victoire sans majorité ouvre une période de négociations pour former une majorité à la Knesset.
Avec 77,6 % des bulletins comptabilisés, le Likoud (droite) de Benyamin Netanyahu et ses alliés ont une courte avance sur le bloc principal de l’opposition, emmené par le centriste Gadi Eisenkot, avec un nombre de sièges estimé à 54 contre 49. Soit moins que les 61 nécessaires pour obtenir une majorité au Parlement.
Mais la surprise de ce scrutin est la poussée spectaculaire des partis arabes.
Les deux listes majoritairement arabes israéliennes, Raam (Liste arabe unie, islamiste modérée) et la Liste unifiée (extrême gauche), semblent en passe d’obtenir environ 17 sièges, un record. Les projections leur attribuent désormais 19 sièges dans la nouvelle Knesset.
Le chef de la Liste unifiée, Youssef Jabareen, a appelé à conclure un "véritable partenariat judéo-arabe" pour écarter Netanyahu, âgé de 77 ans, dont 19 passés à la tête du gouvernement, une longévité inégalée en Israël.
"Quiconque souhaite proposer une alternative réelle et authentique au gouvernement de Netanyahu aux mains tachées de sang devra s'adresser à nous et ouvrir la voie au changement", a déclaré Youssef Jabareen, dirigeant de la Liste unifiée, qui réunit trois partis majoritairement arabes, à des médias israéliens.
Même son de cloche du côté de la gauche israélienne. Sur X, Yair Golan, le chef du parti Les Démocrates (gauche), a déclaré: "Nous avons l'opportunité de former un gouvernement de changement en partenariat avec les citoyens arabes d'Israël".
Mais une alliance Eisenkot-Netanyahu?
L'attention se porte également sur d'éventuels signes d'alliance entre le bloc de Gadi Eisenkot et les partis arabes, deux forces farouchement hostiles à Benyamin Netanyahu qui, ensemble, pourraient former une majorité.
Mais un tel partenariat est loin d'être évident dans un pays où la minorité arabe, qui représente 20 % de la population, est fortement discriminée et où l'idée de travailler avec ses représentants est inacceptable pour une partie de la majorité juive.
"La participation arabe a augmenté de façon vraiment spectaculaire, au point de transformer le paysage" politique, déclare à l'AFP Gideon Rahat, politologue à l'Université hébraïque de Jérusalem.
Mais le 7-Octobre a généré "beaucoup de suspicion et beaucoup de peur" au sein de la majorité juive envers la minorité arabe, ajoute-t-il.
Gadi Eisenkot est également farouchement opposé à la création d’un État palestinien.
Sans alliance, la situation ressemble pour l'instant à une impasse, souligne Ilana Shpaizman, maîtresse de conférences en sciences politiques à l'université de Bar-Ilan.
"Netanyahu n'a aucun moyen de former un gouvernement" avec ses alliés actuels et le bloc du candidat Eisenkot devra "soit former un gouvernement avec les partis arabes, soit établir un gouvernement minoritaire", deux options jusque-là rejetées par le camp de l'opposition, dit-elle.
Les résultats définitifs sont attendus d'ici vendredi matin. Le président Isaac Herzog recevra ensuite les chefs des différents partis avant de désigner l'un d'eux pour tenter de former une coalition gouvernementale. Il aura 28 jours pour trouver une majorité.
Si l'absence de majorité se confirme et que la paralysie s'installe, cette situation profiterait dans l'immédiat à Netanyahu, qui restera Premier ministre par intérim jusqu'à la formation du prochain gouvernement.
S'il est impossible de sortir de l'impasse, de nouvelles élections seront organisées, comme cela a été plusieurs fois le cas dans l'histoire d'Israël.




















