En France, les Républicains appellent à s’allier pour gagner à la prochaine présidentielle

Les élections municipales à peine terminées, les Républicains tirent déjà la conclusion suivante: il faut s’allier pour gagner la présidentielle de 2027. Certains veulent inclure l’extrême-droite, d’autres préfèrent une ouverture à gauche.

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Laurent Wauquiez, le chef du groupe parlementaire Les Républicains, prône un “cordon sanitaire" autour de LFI lors des prochaines municipales. / AFP

Le parti des Républicains se réveille ce lundi 23 mars avec un bon bilan dans les municipales qui viennent de se conclure. Ils dirigent maintenant soit seuls, soit avec une alliance de droites et centre,1240 communes selon un décompte de BFMTV.

Dès dimanche soir, certains ténors des Républicains ont lancé des pistes de travail pour la présidentielle de 2027. Le président Bruno Retailleau, dans son discours de fin de soirée, s’est contenté de vilipender la gauche extrême, autrement dit la France Insoumise.

“Il faut un seul candidat de la droite et du centre, et peut-être même de la gauche républicaine qui refuse la France insoumise” pour “gagner la présidentielle” de 2027, a estimé dimanche Gérald Darmanin, dont la liste sur laquelle il figurait a remporté la mairie de Tourcoing (Nord).

Pour le ministre de la Justice, l’ouverture doit se faire aussi à gauche car à Tourcoing, la liste de droite a bénéficié de nombreux votes socialistes pour “faire barrage à LFI”, a expliqué l’élu.

Il s’est même découvert une fibre sociale en ajoutant: “On ne peut pas avoir des politiques qui soient contre les ouvriers, contre les employés, contre les femmes seules qui élèvent les enfants, contre les fonctionnaires qui travaillent”.

Ce matin sur BFMTV, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste a rejeté cette proposition. “Qu’il arrête de rêver” a-t-il réagi, ajoutant: "C'est une blague". 

Une union des droites plus probable ?

Un autre ténor des Républicains a lancé un ballon d'essai et c’est le chef des députés républicains à l’Assemblée, Laurent Wauquiez, qui a lancé l’idée d’une union des droites, jusqu’à Sarah Knafo (Reconquête).

Laurent Wauquiez, député LR de Haute-Loire, a réagi dimanche soir TF1 aux résultats mitigés de son camp. Se félicitant des victoires à Clermont-Ferrand, à Limoges, à Besançon, il a déploré les divisions. Quand on est divisé on perd, a-t-il assuré, appelant  à un rassemblement de la droite derrière un candidat unique en vue de la présidentielle.

“La vraie leçon pour la droite, c’est l’impératif du rassemblement, les électeurs (...) ont été exaspérés quand il y a eu des divisions et ils ont récompensé l’union comme à Clermont-Ferrand quand on a été capables d’être unis”, a-t-il déclaré sur France 2 dimanche soir. “Vous êtes un marchepied pour l’extrême droite”, lui a rétorqué Clémence Guetté (LFI).

Le député Les Républicains porte cette idée d’une union large de la droite depuis plusieurs mois. Il a proposé une primaire à droite pour choisir le candidat pour la présidentielle, un départage qui irait de Gérald Darmanin à l’eurodéputée Reconquête, Sarah Knafo !

Le chef des députés plaide pour rassembler “toute la droite”, quitte à entrouvrir la porte au parti et aux idées d’Eric Zemmour.

Le parti LR est divisé à ce jour entre le camp Retailleau qui prône un candidat unique à la présidentielle, Bruno Retailleau a d’ailleurs déjà annoncé sa candidature. D’un autre côté, les pragmatiques estiment qu’il faut ouvrir le champ politique puisque la droite gouverne avec la Macronie depuis 2024. 

Laurent Wauquiez va plus loin en incluant Reconquête mais à priori pas le Rassemblement national. La victoire ce dimanche à Nice d’Eric Ciotti (UDR, Union des droites pour la République)? qui plaide aussi pour l’union de toutes les droites avec le Rassemblement national? pourrait jouer un rôle dans les conclusions que les partis politiques français vont tirer des municipales de mars 2026.