MOYEN-ORIENT
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Israël menace de riposter alors que Londres envisage des sanctions contre les colonies illégales
Le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa'ar, a averti qu'Israël riposterait si le Royaume-Uni imposait des sanctions contre l'expansion des colonies illégales dans la Cisjordanie occupée.
Israël menace de riposter alors que Londres envisage des sanctions contre les colonies illégales
"Si la Grande-Bretagne agit contre Israël, Israël agira contre la Grande-Bretagne", a déclaré Gideon Sa'ar

S'adressant mardi au média israélien Ynet, Sa'ar a accusé le gouvernement travailliste d'"agir systématiquement contre Israël", affirmant qu'il avait déjà porté atteinte aux exportations de défense et imposé des sanctions à des ministres israéliens.

"Si la Grande-Bretagne agit contre Israël, Israël agira contre la Grande-Bretagne", a déclaré Sa'ar. "Ils commettraient une grave erreur."

Il a indiqué à Ynet qu'Israël se préparait à d'éventuelles sanctions britanniques et élaborait une réponse.

En juin 2025, Londres avait sanctionné les ministres israéliens d'extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich pour avoir encouragé les violences commises par des colons illégaux contre les Palestiniens pendant la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza.

Le différend sur E1 creuse le fossé

Cette nouvelle escalade fait suite à un échange tendu, à la fin du mois dernier, entre Sa'ar et le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, au sujet du projet israélien d'expansion des colonies illégales dans la zone E1 de la Cisjordanie occupée.

Le projet E1 permettrait de relier Jérusalem-Est occupée à Ma'ale Adumim et à d'autres colonies illégales situées à l'est de la ville, traversant des terres que les Palestiniens revendiquent pour la création d'un futur État.

S'adressant mardi aux députés britanniques, le ministre des Affaires étrangères a déclaré que le gouvernement imposerait dans les prochaines semaines un ensemble "complet" de sanctions, avertissant que le projet israélien E1 "risque de rendre impossible la création d'un État palestinien viable".

"Ce gouvernement n'acceptera pas la destruction de la solution à deux États", a déclaré le ministre, promettant d'annoncer prochainement de nouvelles mesures.

Sa'ar a catégoriquement rejeté ces déclarations, affirmant qu'Israël "ne sera pas une victime passive de cette politique" et qu'il défendra "ses droits, ses intérêts et son peuple".

Israël étudie les options de représailles

Le quotidien israélien de droite Ma'ariv rapporte qu'Israël a déjà averti Londres qu'il répondrait "de manière substantielle" à toute sanction visant les colonies illégales.

Selon l'article publié lundi, les responsables israéliens n'ont pas encore arrêté la forme exacte de ces représailles, plusieurs mesures diplomatiques, économiques et autres étant à l'étude.

L'une des options envisagées serait l'expulsion de responsables britanniques du Centre international de soutien à Gaza (IGSC), soutenu par les États-Unis et créé pour surveiller le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.

Israël a pris une mesure similaire contre les Pays-Bas la semaine dernière, en expulsant des responsables néerlandais du centre après qu'Amsterdam a interdit les marchandises produites dans les colonies israéliennes illégales. Plus tôt cette année, Israël avait exclu l'Espagne de l'IGSC, accusant Madrid de faire preuve d'un "parti pris obsessionnel contre Israël".

Ma'ariv souligne que les responsables israéliens évaluent également le risque qu'une riposte contre Londres nuise aux relations à long terme avec les responsables politiques britanniques, alors que certains s'attendent à ce qu'un futur gouvernement dirigé par les conservateurs ou Reform UK adopte une position plus favorable à Israël.

Le journal ajoute que l'administration américaine transmet des messages entre les deux gouvernements et fait pression sur Londres pour qu'il renonce à son projet de sanctions.

Le différend intervient dans un contexte d'expansion de la colonisation israélienne illégale en Cisjordanie occupée, que la communauté internationale, y compris le Royaume-Uni, considère comme une violation du droit international et comme l'un des principaux obstacles à une solution à deux États. 

Les sanctions envisagées par Londres constitueraient l'une des mesures occidentales les plus importantes prises jusqu'à présent contre la politique israélienne de colonisation, mettant à l'épreuve la volonté du Royaume-Uni de les appliquer malgré les menaces de représailles israéliennes et les pressions américaines rapportées pour qu'il fasse marche arrière.

SOURCE:TRT français et agences