POLITIQUE
4 min de lecture
Iran: les leaders du monde exhortent à l’apaisement et à la reprise des pourparlers
L’assassinat marque une escalade majeure dans la crise régionale, alors que les inquiétudes grandissent quant à d’éventuelles représailles.
Iran: les leaders du monde exhortent à l’apaisement et à la reprise des pourparlers
Des manifestations à Sanaa, au Yémen, pour dénoncer l'assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei / Reuters
il y a 3 heures

Les dirigeants du monde entier ont réagi à la mort du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors de frappes américaines et israéliennes.

Si certains alliés des États-Unis ont soutenu l’élimination de Khamenei, d’autres dirigeants ont appelé à une désescalade rapide de la crise qui secoue la région.

Voici quelques-unes des réactions à travers le monde.

Hamas

Le Hamas a annoncé ce dimanche qu’il pleurait la mort de Khamenei, qu’il a décrit comme un soutien indéfectible du mouvement palestinien, tué dans ce qu’il qualifie d’attaque “odieuse” menée par les États-Unis et Israël.

“Nous, au sein du Hamas, pleurons le décès de l’Ayatollah Ali Khamenei. Il a apporté toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance”, a déclaré le mouvement dans un communiqué.

Le Hamas a ajouté que “les États-Unis et le gouvernement d’occupation fasciste portent l’entière responsabilité de cette agression flagrante et de ce crime odieux contre la souveraineté de la République islamique d’Iran, ainsi que de ses graves répercussions sur la sécurité et la stabilité de la région”.

Russie

Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé la mort de Khamenei comme une “violation cynique” de la morale et du droit.

Téhéran est resté l’un des plus proches alliés de Moscou durant l’offensive russe en Ukraine, et le Kremlin avait auparavant appelé à la retenue avant les frappes américano-israéliennes.

Ce dimanche, le Kremlin a publié une lettre adressée par Poutine à son homologue iranien Masoud Pezeshkian, dans laquelle il exprimait ses “plus sincères condoléances pour l’assassinat” de Khamenei.

Il a estimé que cette mort avait été “perpétrée en violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international”.

Poutine a ajouté que Khamenei “restera dans les mémoires comme un homme d’État remarquable ayant apporté une contribution personnelle immense au développement des relations amicales russo-iraniennes”.

Chine

La Chine a, elle aussi, dénoncé ce dimanche l’assassinat de Khamenei.

“L’attaque et l’assassinat du Guide suprême iranien constituent une grave violation de la souveraineté et de la sécurité de l’Iran”, a condamné le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué publié sur X.

“Cela piétine les buts et principes de la Charte des Nations unies ainsi que les normes fondamentales des relations internationales. La Chine s’y oppose fermement et le condamne vigoureusement”, précise le texte.

Pékin a réitéré son appel à une cessation “immédiate” des opérations militaires au Moyen-Orient et a souligné la nécessité d’un “effort commun” pour préserver la paix et la stabilité dans la région et “dans le monde entier”.

Singapour

Le ministre principal de Singapour, Lee Hsien Loong, a averti que la crise pourrait affecter les prix de l’énergie et avoir des répercussions sur des pays éloignés du Moyen-Orient.

“On peut voir comment la guerre commence, mais il est très difficile de savoir comment elle se terminera”, a-t-il soutenu lors d’un événement à Singapour.

Nouvelle-Zélande

Le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon et le ministre des Affaires étrangères Winston Peters ont estimé, ce dimanche même, que la direction iranienne avait depuis longtemps défié les attentes de la communauté internationale et perdu la confiance de son propre peuple.

“Nous nous joignons à la communauté internationale dans l’espoir que cette crise soit résolue rapidement”, ont-ils ajouté, appelant à la reprise des négociations, au respect du droit international et exhortant les dirigeants iraniens à privilégier une solution diplomatique.

Australie

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a déclaré que “Khamenei était responsable du programme balistique et nucléaire du régime, du soutien à des groupes armés alliés et d’actes brutaux de violence et d’intimidation contre son propre peuple. Son décès ne sera pas pleuré”.

Il a ajouté que la légalité des frappes du week-end relevait des États-Unis et des autres parties directement impliquées, tout en affirmant que le régime iranien constituait une menace réelle pour la paix et la sécurité internationales. “Nous espérons que les actions entreprises conduiront à une résolution rapide”, a-t-il clamé.

En RelationTRT Français - Après la mort de Khamenei, Téhéran forme un Conseil de direction provisoire

France

La France ne peut que “se satisfaire” de la mort de Khamenei lors des frappes américano-israéliennes, a fait savoir, ce dimanche, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

“Khamenei était un dictateur sanguinaire qui opprimait son peuple, rabaissait les femmes, les jeunes et les minorités, et était récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région. Nous ne pouvons donc que nous satisfaire de sa disparition”, a-t-elle confié à RTL.

Royaume-Uni

Le secrétaire britannique à la Défense, John Healey, a déclaré dimanche que “peu de personnes pleureront” Khamenei, faisant écho aux propos du Premier ministre australien Anthony Albanese.

Khamenei “était responsable du programme balistique et nucléaire du régime, du soutien à des groupes armés alliés et d’actes brutaux de violence et d’intimidation contre son propre peuple”, a-t-il ajouté.

En RelationTRT Français - Mort de Khamenei: mobilisation populaire et colère dans les rues d’Iran
SOURCE:TRT français et agences