L’archevêque Atallah Hanna, responsable de la Sebastia de l’Église orthodoxe grecque à Jérusalem, a condamné vendredi l’attaque récente d’une religieuse par un occupant israélien dans la ville, avertissant que de tels incidents reflètent des inquiétudes croissantes quant à l’avenir de la présence chrétienne en Terre sainte.
Hanna a déclaré sur Facebook : “L’attaque d’une religieuse dans la ville de Jérusalem survient dans un contexte de violations croissantes à l’encontre des institutions chrétiennes de la ville”.
“Cela reflète des préoccupations grandissantes concernant l’avenir de la présence chrétienne historique en Terre sainte” a-t-il ajouté.
Dans sa publication, accompagnée d’une vidéo, il a averti que de telles attaques “ne sont plus des incidents isolés, mais font partie d’un schéma récurrent qui menace la présence chrétienne”, appelant à une action internationale pour les stopper.
Le vicaire général du Patriarcat latin de Jérusalem, William Shomali, a dénoncé de son côté une agression “extrêmement grave et méprisable”.
Il a précisé à Anadolu que “la religieuse est physiquement fragile. L’agresseur l’a violemment poussée par derrière, la faisant chuter au sol après que sa tête a heurté une dalle en pierre surélevée. Il est ensuite revenu pour la piétiner. Un jeune Israélien d’origine russe est intervenu pour l’éloigner, mais son identité reste inconnue”.
Selon lui, “la manière dont la religieuse est tombée aurait pu entraîner sa mort, d’autant plus qu’elle a été violemment poussée par derrière”.
“Le fait que l’agresseur soit revenu pour la frapper alors qu’elle était déjà blessée rend le crime encore plus grave. Il s’agit d’un acte méprisable” a-t-il ajouté.
Dans ce contexte, Mgr Shomali a averti que “le mot “mort” est repris dans certains slogans utilisés par des extrémistes israéliens”.

Concernant l’arrestation du suspect, il a souligné que la police “n’avait pas réagi rapidement lors d’incidents similaires par le passé, mais que son intervention cette fois mérite d’être saluée, la justice exigeant de reconnaître ce niveau d’attention et de suivi”.
Il a en outre indiqué que “le dépôt de plainte formel par la religieuse avant son transfert à l’hôpital a constitué un facteur déterminant dans l’avancement de l’affaire”, précisant que “l’absence de plaintes dans d’autres cas avait souvent conduit à un manque de suivi”.
Enfin, Mgr Shomali a insisté sur “la nécessité de rééduquer les personnes adhérant à des idéologies racistes”, ajoutant que l’agresseur “sera jugé conformément à la loi israélienne” et que “la police elle-même a qualifié les faits d’“agression raciste”.
Une religieuse a été blessée mardi lors d’une attaque menée par un occupant israélien à Jérusalem-Est occupée et a été transportée à l’hôpital pour recevoir des soins, selon une vidéo largement diffusée documentant l’incident.
Times of Israel a indiqué que la religieuse travaille à l’École biblique et archéologique française, sans fournir davantage de détails sur son identité ou sa nationalité.
Des centaines de prêtres et de religieuses du monde entier servent dans des églises et des institutions religieuses à Jérusalem-Est occupée.
Ces dernières années, on a observé une augmentation notable des attaques d’Israéliens contre le clergé chrétien et musulman ainsi que contre les lieux religieux à Jérusalem.
Les églises de Jérusalem ont appelé à plusieurs reprises les autorités israéliennes à agir de manière décisive pour mettre fin à de telles attaques.
Multiplication des attaques israéliennes contre des membres du clergé chrétien
De leur côté, les forces de police, critiquées pour leur inaction lors de précédents incidents similaires, ont diffusé mercredi une image montrant la religieuse blessée à la tête.
Il convient de rappeler que des centaines de prêtres et de religieuses venus du monde entier servent dans des églises et institutions religieuses à Jérusalem-Est.
Ces dernières années ont été marquées par une hausse notable des attaques menées par des Israéliens contre des membres du clergé musulman et chrétien, ainsi que contre des lieux saints à Jérusalem.

Face à cette situation, les responsables d’Église à Jérusalem ont, à plusieurs reprises, appelé les autorités israéliennes à agir de manière décisive pour mettre fin à ces violences.
Cette attaque intervient dans un contexte déjà tendu, après la diffusion, le mois dernier, d’une vidéo montrant un soldat israélien s’acharnant à coups de masse sur une statue de Jésus, un incident largement condamné.
Enfin, cette agression survient alors que les violences commises par les forces israéliennes et les juifs extrémistes en Cisjordanie occupée depuis octobre 2023 ont fait au moins 1 155 morts palestiniens, environ 11 750 blessés et près de 22 000 arrestations, selon des données palestiniennes.
















