Colère des agriculteurs: affrontements lors de l’évacuation du port de Bordeaux

Les forces de l’ordre ont lancé, ce samedi, peu après 11 h 30, une opération pour débloquer les Docks de pétrole d’Ambès (DPA), au port de Bordeaux, occupés depuis mercredi, par des agriculteurs de la Coordination rurale de Gironde et des Landes.

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Le mouvement de blocage s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation agricole, marqué par une colère persistante / Reuters

L’intervention, ordonnée par la préfecture de Gironde, a donné lieu à des affrontements entre manifestants et forces de sécurité.

Dès les premières phases de l’opération, des tensions ont éclaté sur le site. Selon des images diffusées par la Coordination rurale de Gironde (CR33) sur les réseaux sociaux, des échauffourées ont opposé agriculteurs et forces de l’ordre. 

Des jets de pierres ont été signalés côté manifestants, tandis que les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène. Sur une des vidéos, un agriculteur apparaît mis à terre au cours des heurts.

La préfecture avait annoncé dès le matin le lancement d’une “importante opération de déblocage”. 

Dans un communiqué publié vers 8 h 30, Étienne Guyot, préfet de la région Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, avait justifié cette décision par la nécessité de rétablir l’accès à un site qu’il qualifie de “maillon logistique essentiel entre les raffineries et les réseaux de distribution de carburants du Sud-Ouest”.

Les autorités estiment que le maintien du blocage faisait peser un risque sur l’approvisionnement en carburant de la région, mais aussi sur le fonctionnement de l’économie locale, l’activité des entreprises, la vie quotidienne des habitants et la capacité d’intervention des services d’urgence et de secours. 

La préfecture a par ailleurs recommandé aux automobilistes et aux usagers d’éviter le secteur en raison de la présence d’un important dispositif de sécurité.

L’opération de déblocage mobilise un large contingent de forces de l’ordre, comprenant le groupement de gendarmerie départementale de la Gironde, la direction interdépartementale de la police nationale ainsi que plusieurs unités de compagnies républicaines de sécurité (CRS).

Avant le lancement de l’assaut, les agriculteurs présents sur le site avaient exprimé leur volonté de négocier une sortie “dans l’ordre”. 

Ils demandaient notamment la venue du préfet de Gironde sur place afin de formaliser par écrit les points abordés lors d’une réunion tenue le jeudi 8 janvier avec les services de l’État.

Selon la Coordination rurale, cette formalisation constituait un préalable indispensable à toute évacuation volontaire du site.

Le mouvement de blocage s’inscrit dans un contexte plus large de mobilisation agricole, marqué par une colère persistante face aux conditions économiques du secteur, aux normes jugées contraignantes et à la concurrence internationale. 

À Bordeaux, la situation reste tendue alors que l’opération de déblocage se poursuit sous haute surveillance.