L’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin est au cœur d’une vive polémique après un accident de la route survenu le 11 juin à Paris, dans lequel sa voiture de fonction, gyrophare et sirène activés, a percuté un scooter en grillant un feu rouge, blessant grièvement son conducteur.
Dans un message publié samedi sur le réseau social américain X, le journaliste Laurent Valdiguié (Marianne) a critiqué les explications fournies par Raffarin:
“Dans les explications de Raffarin, premier ministre il y a 21 ans, rien ne justifie le gyrophare pour griller les feux rouges. Tous ces avantages accordés à de nombreux ‘ex’ (Castaner encore sous escorte policière) trahissent leur incapacité à vivre comme tout le monde”.
Selon une enquête de Mediapart, la Renault Talisman officielle transportant Raffarin circulait à vive allure boulevard Malesherbes (VIIIe arrondissement) lorsque son chauffeur a activé les avertisseurs spéciaux pour franchir un feu rouge, percutant un deux-roues.
Le conducteur du scooter a été sérieusement blessé. Un témoin cité par Mediapart affirme que Raffarin est descendu du véhicule après l’arrivée des secours, puis s’est éloigné à pied en direction du parc Monceau sans s’enquérir de l’état du blessé.
L’ancien Premier ministre conteste cette version et assure s’être rendu immédiatement à l’hôpital pour prendre des nouvelles de la victime et laisser ses coordonnées.
Dans plusieurs communiqués publiés vendredi, Jean-Pierre Raffarin a indiqué qu’il se trouvait à l’arrière du véhicule “en train de travailler” au moment des faits. Il regrette “profondément” l’accident et explique que le chauffeur a déclenché gyrophare et sirène face à une “situation confuse au carrefour” avec une visibilité insuffisante.
Une note interne du Quai d’Orsay, révélée par Mediapart, suggère cependant que l’activation des avertisseurs aurait été demandée par Raffarin lui-même, ce qui est formellement interdit en dehors des cas d’urgence strictement réglementés.
L’ancien chef de gouvernement (2002-2005) bénéficiait d’une voiture avec chauffeur dans le cadre d’une mission temporaire non rémunérée sur les relations économiques franco-chinoises, confiée par le ministère des Affaires étrangères.
Cette disposition intervient alors que, depuis le 1er janvier 2026, les anciens Premiers ministres ne doivent plus disposer de tels avantages au-delà de dix ans après leur fonction.
L’affaire relance le débat récurrent sur les privilèges accordés aux anciens hauts responsables de l’État, plusieurs années après leur passage au pouvoir.
Contacté, l’entourage de Jean-Pierre Raffarin n’a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire dans l’immédiat. L’enquête sur l’accident se poursuit.





















