L’Union européenne a exprimé hier son inquiétude, appelant au "respect du droit humanitaire international ce qui est impératif et non négociable", et "il faut une désescalade immédiate", a souligné dans un communiqué Anouar El Anouni, porte-parole du service diplomatique de l'UE.
L’Union africaine a fait de même souhaitant une désescalade immédiate.
"Nous sommes dans une situation de guerre totale" contre le gouvernement éthiopien, a affirmé jeudi à l'AFP le vice-président des autorités rebelles du Tigré, alors que des combats opposent les forces fédérales à des groupes armés dans les États régionaux voisins de l'Amhara et de l'Afar.
"Il y a des combats partout", a encore déclaré Amanuel Assefa, vice-président du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), une formation politique qui a longtemps gouverné l'Éthiopie et dirige de fait ce territoire du nord du pays, dont il a pris mercredi le contrôle des aéroports.

Face à face tendu depuis des mois
Les tensions ont ressurgi ces derniers mois: le TPLF (le Front de libération du peuple du Tigré) n'est plus autorisé en Éthiopie depuis 2025 et Addis-Abeba l'accuse de gouverner illégitimement le Tigré.
Les deux camps ont massé des troupes des deux côtés de la frontière régionale, des combats les ont déjà opposés début 2026, et des drones éthiopiens ont visé une dizaine de fois les rebelles tigréennes depuis début août.
Dimanche, sept groupes opposés au gouvernement fédéral dans diverses zones du pays, dont le TPLF, les milices amhara Fano ou l'Armée de libération oromo (OLA), ont annoncé s'être alliés en vue de "renverser" l'exécutif d'Addis-Abeba.
Cette Coalition pour la Survie a annoncé mercredi répliquer grâce à des "contre-offensives à grande échelle" à des "attaques d'ampleur, aériennes et terrestres" de l'armée fédérale. Ces affirmations n'ont pas pu être vérifiées de sources indépendantes.
L'ONG Acled, spécialisée dans la collecte de données sur les conflits, confirme que les forces du Tigré ont pris le contrôle mercredi des trois aéroports tigréens de Mekele (capitale régionale), Axoum et Shire.

Elle signale des combats les opposant à l'armée fédérale dans deux zones frontalières entre le sud du Tigré et l'Amhara et dans une troisième entre l'est du Tigré et l'Afar.
Deux sources humanitaires en Afar ont indiqué à l'AFP que des combats étaient en cours mercredi près des localités d'Abala et Erebti, proches du Tigré.
Pas de désescalade à ce stade
"Des forces terrestres nous ont attaqués depuis le sud du Tigré, depuis l'est du Tigré, donc les TDF (rebelles tigréennes, ndlr) ont reçu l'ordre de se défendre. Je ne vois pas de possibilité de désescalade actuellement", a affirmé à l'AFP Amanuel Assefa, vice-président du TPLF, affirmant que les Fano affrontaient aussi l'armée fédérale en Amhara, sans que l'AFP puisse le vérifier.
La compagnie nationale Ethiopian Airlines, seule à effectuer des trajets intérieurs en Éthiopie, a suspendu mercredi, en raison de la situation actuelle au Tigré, ses vols vers et au départ de Mekele, Aksoum et Shire.
Mercredi matin, une employée de l'aéroport Alula Aba Nega de Mekele ayant requis l'anonymat a indiqué avoir été informée par son supérieur "que les TDF avaient pris le contrôle de l'aéroport", normalement gardé par quelques soldats de l'armée fédérale, rare présence visible des autorités fédérales au Tigré.
Le TPLF "a franchi le Rubicon", a réagi auprès de l'AFP Kjetil Tronvoll, spécialiste de la région à l'Oslo New University College (Norvège), ajoutant ne voir "aucun signe de désescalade".
Acled dit craindre que les autres membres de la Coalition pour la Survie ne s'apprêtent également à en découdre dans les zones où ils opèrent. Même si aucun de ces groupes ne semble susceptible de menacer Addis-Abeba, "une série d'insurrections actives à travers l'Éthiopie pourrait affaiblir l'armée" fédérale, "déjà mise à rude épreuve", note l'ONG.





















