Londres: plus de 500 arrestations lors d’un rassemblement en soutien à Palestine Action
Une mobilisation silencieuse organisée à Trafalgar Square pour contester l’interdiction du groupe propalestinien s’est soldée par une vague d’interpellations. Parmi les personnes arrêtées figure le musicien Robert Del Naja.
Plus de 500 manifestants ont été arrêtés samedi 11 avril dans le centre de Londres lors d’un rassemblement en soutien au mouvement Palestine Action, interdit par le gouvernement britannique. Selon la police métropolitaine, 523 personnes âgées de 18 à 87 ans ont été interpellées au cours de cette opération.
Des centaines de participants s’étaient réunis à la mi-journée sur Trafalgar Square pour un sit-in silencieux. Nombre d’entre eux brandissaient des pancartes appelant à la levée de l’interdiction, certaines portant des messages tels que “Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action”.
Parmi les interpellés figure le chanteur du groupe Massive Attack, Robert Del Naja, aperçu assis avec une pancarte de soutien avant d’être emmené par la police.
Une interdiction toujours contestée en justice
Le mouvement Palestine Action est engagé dans une bataille judiciaire contre le gouvernement dirigé par Keir Starmer, qui a prononcé son interdiction en juillet dernier à la suite d’actions de vandalisme, notamment sur une base de la Royal Air Force.
Si la justice britannique a jugé cette mesure “disproportionnée” en février, le gouvernement a fait appel, maintenant ainsi l’interdiction en vigueur dans l’attente d’une décision définitive.
Sur place, plusieurs participants ont affirmé leur volonté de poursuivre la mobilisation malgré les risques judiciaires. Freya, 28 ans, engagée dans une organisation écologiste, a souligné à l’AFP “l’importance de continuer à s’opposer”, indépendamment du cadre légal.
D’autres, comme Denis MacDermot, 73 ans, déjà arrêté lors d’un précédent rassemblement, ont affirmé leur soutien au mouvement, dénonçant la fermeté du gouvernement.
En vertu de l’interdiction actuelle, toute expression publique de soutien à Palestine Action peut être sanctionnée jusqu’à six mois de prison. L’appartenance au groupe ou l’organisation d’actions de soutien exposent quant à elles à des peines pouvant aller jusqu’à quatorze ans d’emprisonnement.
Depuis juillet, plus de 2 700 personnes ont été arrêtées dans le cadre de manifestations similaires, selon les organisateurs. Une dynamique qui illustre l’ampleur des tensions autour de cette organisation et, plus largement, du débat sur la guerre à Gaza au Royaume-Uni.