Des députés Renaissance demandent le départ d’Albanese pour une phrase qu'elle n’a pas prononcée

Une quarantaine de députés Renaissance demandent la démission de Francesca Albanese, l’accusant d’avoir qualifié Israël “d’ennemi commun de l’humanité” lors d’un forum à Doha, une formulation qui, pourtant, ne figure pas dans son discours.

By
Francesca Albanese a contesté publiquement l’interprétation de ses propos et demandé une citation précise / AA

Une quarantaine de parlementaires du groupe Renaissance ont adressé mardi un courrier au ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot afin de demander à ce qu’il œuvre pour la démission de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés.

Les signataires, parmi lesquels Caroline Yadan, Constance Le Grip, Olivia Grégoire, Sylvain Maillard et Élisabeth Borne, affirment que, lors d’un forum organisé par Al-Jazeera à Doha samedi dernier, Francesca Albanese aurait qualifié Israël “d’ennemi commun de l’humanité”.

À la suite de ces accusations, la rapporteuse spéciale a publié l’extrait intégral du passage concerné, dans lequel elle déclare: 

“Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’ont armé, lui fournissant des excuses politiques, un appui politique, un soutien financier et économique, c’est un défi. Le fait que la plupart des médias dans le monde occidental amplifient le discours pro-apartheid, le narratif génocidaire, c’est un défi. Et en même temps c’est aussi une opportunité. Car si le droit international a été poignardé en plein cœur, il est également vrai que jamais auparavant la communauté internationale n’a connu les défis auxquels nous sommes tous confrontés, nous qui ne contrôlons pas d’importants capitaux financiers, ni d’algorithmes, ni d’armes. Nous voyons maintenant que l’humanité a un ennemi commun, et que le respect des libertés fondamentales est la dernière voie pacifique, le dernier outil pacifique dont nous disposons pour recouvrer notre liberté”.

Sur les réseaux sociaux, Francesca Albanese a précisé que l’”ennemi commun” auquel elle faisait référence désignait, selon elle, “le système” ayant permis “le génocide en Palestine”, et qui comprend “le capital financier qui le finance, les algorithmes qui le dissimulent et les armes qui le rendent possible”.

Malgré cette mise au point, les parlementaires ont maintenu leur demande d’intervention auprès de l’exécutif français. 

Francesca Albanese a contesté publiquement l’interprétation de ses propos et demandé qu’une citation précise où elle aurait qualifié Israël “d’ennemi de l’humanité” lui soit attribuée

Francesca Albanese occupe la fonction de rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés. 

Ses prises de position ont déjà suscité des réactions critiques de la part de plusieurs responsables politiques, notamment aux États-Unis, qui ont annoncé l’an dernier des sanctions à son encontre.