Selon le règlement de l'Assemblée, un débat dans l'hémicycle peut être organisé sur la base d'un rapport relatif à une pétition signée par plus de 500 000 personnes. L’Assemblée nationale n’a pas le pouvoir de supprimer le droit d’émettre ou d’exister de la chaîne. Cette pétition sur le site de l’Assemblée nationale affiche ce matin 690 800 signatures.
Une commission doit se prononcer en décidant de classer ou d'examiner cette pétition, puis élaborer un rapport. L'organisation d'un débat après le franchissement de ce seuil n'est donc pas systématique.
"Nous ne ferons pas de commentaires sur cette pétition politique", a réagi CNews, sollicitée par l'AFP.
Dans le journal L’Humanité, la députée Sophie Taillé-Polian, élue du Val-de-Marne et vice-présidente de la commission des Affaires culturelles du groupe écologiste et social, dit souhaiter un débat afin de demander notamment si l’Arcom, le gendarme des médias, a failli.
L’élue explique qu'une mission d’information est en cours dans le cadre de la commission de la Culture pour étudier l’efficacité de l’Arcom.
CNews, un outil de propagande?
CNews a été rappelée à l’ordre et condamnée à des amendes à plusieurs reprises, mais le flot de discours racistes et de fausses informations, comme la diffusion d’images d’Albanie pour illustrer les manifestations en France, n’a jamais cessé.
La chaîne du groupe Canal+, qui est dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, est régulièrement accusée de promouvoir les opinions et les thèmes d'extrême droite. Son obsession anti-musulmans et anti-immigration, qui porte sur les thèmes majeurs abordés par la chaîne, est depuis longtemps décriée. Mais après l’attentat du 23 octobre à Trappes, de nombreuses voix se sont élevées pour demander la suppression de son autorisation d’émettre.
Lors de l'attentat raciste de Trappes, dans la région parisienne, le 23 octobre, un Français de 39 ans, Kévin T., a tiré délibérément, selon ses propres aveux, sur "des personnes (...) de type musulman ou africain ou nord-africain", selon la justice.
Lancée par un particulier en juin dernier, la pétition pour la fermeture de CNews a trouvé un second souffle après l’attentat de Trappes. "CNews n'est pas une chaîne d'information, “ selon l’auteur de cette pétition.
Une partie de la gauche, à l'instar du maire de Trappes, Ali Rabeh, a accusé les médias, et en particulier CNews, d'avoir une responsabilité dans cette attaque, en donnant trop de place sur leurs antennes aux discours stigmatisant les immigrés ou les personnes issues de l'immigration. Cnews qui est en France, l’une des chaînes d’information les plus regardées.
L’Arcom surveille CNews
CNews avait été mise en demeure en juin par le régulateur de l'audiovisuel (Arcom) de corriger un "déséquilibre manifeste et durable dans l'expression des courants de pensée et d'opinion" sur son antenne, notamment "sur la menace que représenteraient l'immigration et l'islam pour la société française".
Selon Mediapart, depuis 2019, l’Arcom a réprimandé CNews à 30 reprises et lui a infligé 830 001 euros d’amendes.
Les équipes de CNews ont régulièrement été la cible de l'hostilité de manifestants lors des mobilisations sociales et lycéennes de ces derniers jours.
Le siège parisien de CNews et d'Europe 1 ont aussi été pris pour cible par une centaine de personnes le 17 octobre, au début d'une journée d'action nationale marquée par des violences. Les deux médias, dans le giron de Vincent Bolloré, ont dénoncé des actes "d'intimidation".






















