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RDC: la ministre belge de l’Asile en “mission dissuasion”
La ministre belge de l'Asile et de la Migration est venue demander à la RDC des mesures pour réduire l’immigration vers la Belgique. Elle a aussi livré un message de fermeté.
RDC: la ministre belge de l’Asile en “mission dissuasion”
Anneleen Van Bossuyt, la ministre belge de l'Asile et de la Migration a rencontré le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi / Others
il y a 6 heures

"Les demandes d’asile venues de Congolais ont explosé", affirme la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, en visite en République démocratique du Congo (RDC).
Selon elle, le nombre de dossiers déposés par des ressortissants congolais a doublé entre 2023 et 2025, quand le pays a enregistré près de 2 500 demandes. La RDC figure actuellement parmi les trois pays enregistrant le plus grand nombre de demandes d’asile, après l’Afghanistan et la Palestine, selon le cabinet de la ministre Anneleen Van Bossuyt.

Et la ministre veut inverser la courbe. La Belgique prévoit de refouler un premier groupe de demandeurs d’asile congolais à partir de la semaine prochaine. Selon la ministre belge de l’Asile, Anneleen Van Bossuyt, ces retours concerneront des personnes volontaires ainsi que des expulsions forcées.

Si la ministre européenne est venue proposer une coopération bilatérale en matière de migration et d’asile au gouvernement congolais, elle cherche surtout à dissuader les potentiels migrants. Dans plusieurs interviews aux médias locaux, elle a insisté sur le fait que les demandes d’asile ne peuvent pas se faire après une arrivée avec un visa touristique, et que les personnes considérées comme des réfugiés économiques seront renvoyées.

Anneleen Van Bossuyt a délivré un message de fermeté: "Je suis déterminée à reprendre le contrôle des flux migratoires vers la Belgique. On met en place la politique d’asile et de migration la plus stricte de l’histoire du pays, avec moins d’arrivées, davantage de retour et aucune tolérance pour les abus".
Aujourd’hui, moins de 15 % des demandeurs congolais obtiennent l’asile en Belgique. Pour les trois premiers mois de 2026, ce pourcentage est tombé à seulement 10,7 % selon le cabinet de la ministre.

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Une ministre qui veut moins de migrants en Belgique

La ministre belge a ajouté lors de son séjour en RDC que "cela veut dire que les Congolais malintentionnés ou qui essaient de frauder seront renvoyés au pays. Toute personne qui le fait correctement – eh bien entendu, je veux aussi souligner ça – est la bienvenue pour visiter ou séjourner dans notre pays".

Ce discours ferme, qui se veut dissuasif, n’est pas nouveau pour la ministre flamande. En 2025, le tout nouveau gouvernement belge auquel elle appartient promettait la politique migratoire "la plus sévère que la Belgique ait connue".

Peu après, il prenait une série de mesures "d’urgence" destinées à décourager les demandes d’asile. Les règles du regroupement familial ont ainsi été durcies, et la Belgique refuse désormais d’accorder de l’aide à ceux qui bénéficient déjà de l’asile dans un autre pays de l’Union européenne.

Début avril 2026, le gouvernement belge a même décidé par décret de permettre à la police d’entrer dans les domiciles privés pour interpeller les ressortissants non européens ayant ignoré une décision d’éloignement exécutoire.

Cette politique, qui se veut dure, risque de buter sur le droit belge et européen. L’article 15 de la Constitution belge garantit l’inviolabilité du domicile, et le respect de la vie privée est protégé par l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme, même avec un mandat judiciaire. Le Parlement doit débattre et adopter le texte après un nouvel avis du Conseil d’État attendu fin avril.

SOURCE:TRT français et agences