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200 étudiants et chercheurs de l’ENS exigent la transparence sur les partenariats avec le privé
Les signataires dénoncent une dépendance croissante vis‑à‑vis des multinationales, notamment via des chaires financées par des industriels, tandis que la direction de l'ENS assure que les mécènes n'exercent aucune influence sur les travaux.
200 étudiants et chercheurs de l’ENS exigent la transparence sur les partenariats avec le privé
200 étudiants et chercheurs de l’ENS exigent la transparence sur les partenariats avec le privé / Source : ENS

Environ 200 étudiants et chercheurs de l'École normale supérieure ont signé une pétition intitulée "L'ENS n'est pas à vendre", publiée il y a plusieurs semaines et relayée dimanche 10 mai par France Inter. Ils demandent la transparence complète sur les partenariats noués par l'établissement public, et alertent sur l'influence croissante du secteur privé dans les projets de recherche.

Les signataires reprochent une "mise sous dépendance envers les multinationales, progressive et accompagnée par l’État ces dernières décennies" et rappellent des antécédents préoccupants dans le rapprochement entre le monde académique et de grands groupes privés. Ils s'interrogent sur le risque d'assister à la substitution progressive d'un service public par des financements privés, au détriment des libertés académiques. 

Le collectif à l'origine de la pétition pointe en particulier la multiplication des chaires de mécénat comme vecteur principal de cette influence.

Il cite la Chaire Espace, financée par les trois principaux industriels de l'armement en France, qu'il accuse de servir à redorer l'image de la conquête spatiale tout en promouvant, de façon subtile, des enjeux stratégiques et militaires. Les auteurs demandent des critères de refus plus stricts — notamment l'exclusion systématique de partenariats avec des entreprises actives dans l'armement, les énergies fossiles et les pesticides (y compris les banques, assureurs et fonds d’investissement associés) — ainsi qu'avec celles ayant engagé des procédures bâillons contre des chercheurs, journalistes ou ONG.

Défense de l’ENS

Face à ces accusations, le directeur de l'ENS, Frédéric Worms, assure que les mécènes n'ont pas d'influence directe sur les chercheurs. "Une entreprise n'est pas en contact direct avec le chercheur. L'argent passe par les cadres de l'institution, qui ensuite le donnent aux chercheurs pour qu'ils fassent leurs recherches de manière indépendante." La direction affirme par ailleurs refuser certains partenariats, sans préciser leur nombre.

Sur le plan financier, l'ENS indique que les mécénats ont rapporté au total 2,3 millions d'euros en 2025 pour financer divers programmes de recherche. Le principal bailleur reste néanmoins le ministère de l'Enseignement supérieur, qui consacre plusieurs dizaines de millions d'euros à ces programmes. Le recours à des financements privés n'est pas propre à l'ENS : selon le collectif EIES (Entreprises illégitimes dans l’Enseignement supérieur), une trentaine d'établissements d'enseignement supérieur sont concernés par des partenariats similaires.

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SOURCE:TRT français et agences