"Dans ma tête je n'ai pas d'autre option que de remettre ma démission. Soit vous êtes ministre, soit vous n'êtes pas ministre. Aujourd'hui, dans ma tête, je suis partie demain", a dit Monique Barbut en petit comité après le vote d'une loi d'urgence agricole qui inclut une réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l'UE mais interdits en France.
Le texte prévoit que l'agence sanitaire (Anses) puisse "dans un délai de deux mois et à titre exceptionnel" permettre de déroger à l'interdiction de l'utilisation de deux pesticides, l'acétamipride et le flupyradifurone, souvent considéré comme un néonicotinoïde de nouvelle génération.
La ministre, venue de la société civile, n'a toutefois pas totalement fermé la porte à un maintien au gouvernement.
"Si ma démission est acceptée, je pars. Si ma démission est refusée, ça dépend de ce qui est dit et de comment c'est dit demain", a-t-elle précisé en petit comité.

Monique Barbut assure avoir été "confiante" jusqu'à lundi, forte de la garantie du président Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu que la porte ne serait pas rouverte à l'acétamipride.
La décision du Premier ministre, lundi, de ne pas déposer d'amendement pour supprimer cette disposition semble l'avoir prise par surprise.
En pleine canicule historique fin juin, Monique Barbut s'était attiré des critiques pour avoir fustigé "les gens qui me disent +Oh mais il y a qu'à mettre la clim' partout+". "Très bien, on va mettre la clim' partout. Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt", "vous croyez que ça va éviter la mort des animaux que nous voyons? Vous croyez que ça va éviter quoi? Rien", avait-elle lancé.
Durant ses neuf mois passés au gouvernement, la ministre a déjà agité la menace de sa démission, à l'occasion du débat sur la réintroduction des projets de recherche d'hydrocarbures dans certains territoires ultramarins ou quand elle défendait les budgets alloués à son ministère.
Mardi soir, l'association Agir pour l'environnement a critiqué son "maigre" bilan, en estimant que "le peu de poids politique" de la ministre "relève avant tout d'un choix éminemment politique d'un chef de l'État qui préfère une écologie transparente, inodore et incolore".























