Violences prescrites dans les écoles lasalliennes: d’anciens élèves brisent le silence
Les faits évoqués sont pour la plupart prescrits, mais les plaignants estiment nécessaire de faire reconnaître une responsabilité institutionnelle.
Un collectif d’anciens élèves d’établissements catholiques en France a dénoncé publiquement, dimanche, des violences physiques et sexuelles qu’ils affirment avoir subies durant leur scolarité, principalement entre les années 1950 et 1980.
Les faits évoqués sont pour la plupart prescrits, mais les plaignants estiment nécessaire de faire reconnaître une responsabilité institutionnelle.
Selon le collectif, ces violences auraient été commises dans une vingtaine d’écoles gérées par la congrégation des Frères des écoles chrétiennes. Les témoignages font état de coups, humiliations, punitions dégradantes, mais aussi d’agressions sexuelles et de viols, perpétrés par des religieux ou des membres du personnel éducatif. La majorité des auteurs présumés seraient aujourd’hui décédés.
Reconnaissance et réparation
La congrégation, qui gère environ 150 établissements privés sous contrat en France, affirme avoir mis en place depuis 2014 une cellule d’écoute destinée à recueillir la parole des victimes. À ce jour, plusieurs dizaines de dossiers ont été examinés et ont donné lieu à des indemnisations financières, pour un montant total de plusieurs millions d’euros, dans le cadre des dispositifs de reconnaissance et de réparation.
Toutefois, le collectif juge ces mesures insuffisantes. Il réclame une reconnaissance publique du caractère systémique des violences, l’ouverture complète des archives, ainsi que la création d’un fonds d’indemnisation dédié, estimant que les pratiques dénoncées relevaient d’un mode de fonctionnement toléré, voire encouragé, à l’époque.
La congrégation assure de son côté coopérer avec la justice lorsque des faits non prescrits sont signalés. Plusieurs dossiers auraient ainsi été transmis aux procureurs ces dernières années.
Cette nouvelle prise de parole s’inscrit dans un contexte plus large de révélations sur les violences commises au sein d’institutions éducatives et religieuses, relançant le débat sur la responsabilité des structures, la prescription des crimes sexuels et les mécanismes de réparation pour les victimes.