La guerre est en train d’avaler une grande partie du sud du Liban. La zone tampon qu’Israël avait définie et qui utilisait le fleuve Litani comme limite n’est plus qu’un souvenir.
L'armée israélienne a annoncé jeudi avoir frappé la ville de Tyr, dans le sud du Liban.
La veille, l’État hébreu avait déclaré "zone de combat" tout le territoire libanais au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière. L'armée israélienne avait déclaré étendre ses opérations au sol au-delà de la "ligne jaune", cette bande de 10 km qu’elle contrôle au Liban.
Après avoir ordonné aux habitants de plusieurs quartiers de Tyr d'évacuer en prévision d'un "emploi de la force" à venir, l'armée israélienne a confirmé avoir "commencé à frapper des infrastructures du Hezbollah dans la région de Tyr".
L'Agence nationale d'information (Ani) libanaise a rapporté jeudi matin deux séries de frappes sur la ville et une zone située à l'est de celle-ci, touchant un bâtiment et provoquant un incendie à Tyr.
Israël intensifie ces derniers jours ses opérations terrestres et aériennes dans l'est et le sud du Liban, malgré un cessez-le-feu et des négociations directes entre le Liban et Israël.
Le cessez-le-feu est théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, mais les deux parties s'accusent de le violer.
Cette escalade intervient juste avant une réunion militaire entre les deux pays prévue vendredi au Pentagone, et à l'approche de nouvelles sessions de négociations sous parrainage américain les 2 et 3 juin.
Des affrontements directs sur le terrain
Des membres du Hezbollah "se sont livrés à des affrontements directs avec les forces ennemies" mercredi à Zawtar el-Charqiyé, a annoncé de son côté le Hezbollah, faisant aussi état de trois attaques de drones contre des troupes dans le nord d'Israël.
Zawtar el-Charqiyé se situe à la lisière de la "ligne jaune" délimitant la bande d'une dizaine de kilomètres dont l'armée israélienne a pris le contrôle dans le sud du Liban, y interdisant l'accès aux habitants et y menant de larges opérations de démolition.
Les frappes israéliennes ont tué 3.269 personnes depuis, selon un nouveau bilan publié mercredi par le ministère de la Santé.
Parmi elles, au moins 31 ont été tuées mardi, dont au moins 15 habitants de Burj al-Shemali, près de Tyr, selon le maire de cette localité.
La délégation militaire qui doit rencontrer vendredi des militaires israéliens "insistera sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et présentera le plan de l'armée visant à restreindre les armes du Hezbollah et étendre l'autorité de l'État sur le territoire libanais", a indiqué une source militaire à l'AFP.




















