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France: le Premier ministre reçoit les syndicats
Après une nouvelle nuit de couvre-feux dans certaines villes de France, le Premier ministre reçoit mercredi les syndicats pour évoquer la sécurisation des cortèges et les réponses aux lycéens, qui n'ont cependant pas été conviés
France: le Premier ministre reçoit les syndicats
Seconde nuit de couvre-feu dans certains secteurs à Paris

L'exécutif cherche toujours une issue à la crise, déterminé d'abord à rétablir l'ordre.

Plusieurs couvre-feux localisés ont été instaurés pour une deuxième nuit consécutive, comme dans l'hypercentre de Marseille (sud-est) depuis 20 h GMT mardi et au moins jusqu'à vendredi inclus. À Toulouse (sud-ouest), un couvre-feu nocturne est prévu de jeudi à dimanche dans le centre-ville.

Au cœur de Paris, peu avant 21 h GMT mardi, les alentours du Forum des Halles étaient inhabituellement calmes. Les policiers et gendarmes déployés en nombre invitaient les passants à quitter les lieux, tandis qu'un hélicoptère, projecteur allumé, survolait le secteur.

Dans ce contexte, le Premier ministre Sébastien Lecornu reçoit mercredi matin les cinq syndicats représentatifs — CFDT, CGT, FO, CFTC et CFE-CGC — pour évoquer notamment "les voies et moyens pour garantir l'indispensable liberté de manifester", que "certains essaient de dévoyer en l'associant à des actes inacceptables", selon un courrier qu'il a envoyé à ces organisations.

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sera également présent à la réunion, alors que de nouvelles manifestations sont prévues samedi à l'appel des Gilets jaunes et de mouvements lycéens, puis le 5 novembre à l'appel des syndicats.

Mardi, devant les députés, le Premier ministre Sébastien Lecornu a assuré que le dispositif de forces de l'ordre déployé pour la nouvelle journée de manifestations annoncée samedi 24 octobre serait "massif".

Les lycéens non conviés

La CFDT et la CGT ont déploré l'absence des organisations lycéennes à ce rendez-vous, au cours duquel Sébastien Lecornu entend aborder "les réponses" à leurs revendications, qui portent sur les emplois du temps, les remplacements, la rénovation des bâtiments ou encore la très décriée plateforme d'inscription à l'université, Parcoursup.

Le Premier ministre a promis aux lycéens de faire de "premières annonces" en "début de semaine prochaine", dont le Parlement pourra "s'emparer" dans le cadre du débat budgétaire.

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La CGT avait demandé que leurs représentants participent à la réunion.

La CFDT a averti qu'il n'était "pas question de ne parler que de l'organisation de la mobilisation" du 5 novembre ni de recevoir uniquement "une leçon de responsabilité" sur les violences, qu'elle condamne.

"Le pouvoir d'achat, qui est la priorité des salariés et des agents, doit être traité urgemment. Et surtout les organisations de jeunesse sont absentes de ce rendez-vous, alors que la question de la réponse à leurs revendications est à l'ordre du jour", regrette le premier syndicat français dans une déclaration à l'AFP.

Le Défenseur des droits (DDD), chargé notamment de veiller au respect de la déontologie par les forces de l'ordre, a annoncé mardi avoir reçu 46 saisines depuis le début du mouvement lycéen, dont "plus d'une dizaine" concernent des faits datant du week-end.

Le chef du gouvernement a promis qu'il ne parlerait "pas que" d'ordre public et qu'il ferait "un point très précis" sur le budget, "la question du pouvoir d'achat" et les carburants, dont les prix flambent. Il a également évoqué des "réflexions" qui pourraient être reprises "en fin de discussion budgétaire", en décembre.

Au-delà des dégradations, les syndicats attendent des réponses concrètes à leurs revendications, étouffées par le chaos du 17 octobre.

La question de la sécurité

Côté sécurité, les syndicats soulignent leur savoir-faire en matière de protection des manifestants.

"Dans nos cortèges, on arrive à ne pas être infiltrés, y compris par les black blocs" mais "on ne peut pas gérer des gens qui sont dans des rues voisines, qui iraient casser", souligne le président de la CFTC, Cyril Chabanier, qui juge néanmoins "important d'être dans la rue" le 5 novembre.

"On ne peut pas se laisser voler notre capacité à offrir des débouchés pacifiques à la colère sociale", estime le secrétaire général de l'Unsa, Laurent Escure.

Sébastien Lecornu recevra à son tour jeudi les partis politiques pour revenir sur les "difficultés rencontrées" le 17 octobre et aborder "la sécurisation" de la campagne présidentielle, en exigeant de ses interlocuteurs "la condamnation de la violence", selon un courrier adressé aux partis.

Sur les 557 gardes à vue après les violences et les pillages commis à Paris, 300 personnes ont "comparu" à ce stade "devant un magistrat" et aucune n'a "revendiqué un mobile de quelque nature politique qu'il soit", a relevé mardi soir la procureure de Paris, Laure Beccuau, alors que le gouvernement accuse "l'ultragauche" d'être responsable des violences.

SOURCE:TRT français et agences