FRANCE
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Violences du 17 octobre en France: moyens d’investigation élargis et justice sévère
À la suite des violences du 17 octobre 2026, le garde des Sceaux français a demandé aux parquets de requalifier les faits en "criminalité organisée". L’incendie de la mairie de Limoges va être traité comme un acte terroriste.
Violences du 17 octobre en France: moyens d’investigation élargis et justice sévère
800 000 personnes ont défilé pour dénoncer le coût de la vie. Après les émeutes, le gouvernement n'offre qu'une réponse sécuritaire

Invité du 20 heures de France 2, Gérald Darmanin a expliqué avoir envoyé "une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée".

La décision n’est pas anodine. Elle donne aux policiers la possibilité de prolonger la garde à vue jusqu’à 72 heures. Elle permet des moyens d’enquête élargis : les enquêteurs peuvent recourir à la géolocalisation et aux écoutes téléphoniques, ainsi qu’utiliser la reconnaissance faciale pour comparer les images des réseaux sociaux avec celles du fichier du Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ).

Le président de la République avait annoncé de la fermeté et les juges ont été appelés à être sévères. Gérald Darmanin a donné les chiffres qui l’illustrent : 2 513 personnes ont été placées en garde à vue et 123 ont déjà été incarcérées.

"Aujourd'hui, 123 personnes sont incarcérées, soit en détention provisoire -- les procureurs ont demandé leur incarcération à la sortie des gardes à vue en attendant les condamnations --, soit parce qu'elles ont eu des mandats de dépôt lundi", a déclaré le garde des Sceaux lors d'un entretien sur les médias CNews et Europe 1 ce mardi.

Les premières comparutions immédiates ont eu lieu dès lundi, principalement contre des individus interpellés en amont des manifestations.

À propos "des pilleurs" ou "des gens qui ont attaqué les policiers", il a fait observer qu'il s'agissait à "95 % d'hommes" et à "70 % d'adultes".

"Dans les interpellations, il y a de tout, des gens issus de l'immigration, des gens qui sont étrangers, mais il y a aussi des gens qui sont parfaitement intégrés, qui sont français", a-t-il encore souligné.

À Paris, Bobigny ou Toulouse, lors d’audiences auxquelles les journalistes de l’AFP ont assisté, plusieurs peines d’emprisonnement ferme ont été prononcées, parfois supérieures à celles réclamées par le procureur.

"Il y a eu beaucoup de condamnations à de la prison ferme avec mandat de dépôt, c'est-à-dire que les gens vont directement en prison, y compris pour quelques mois, y compris pour des courtes peines de prison", a ajouté ce matin Gérald Darmanin, en rappelant que "l'essentiel des comparutions immédiates" auraient lieu mardi et mercredi.

Incendie de la mairie de Limoges considéré comme un acte terroriste

La sous-direction antiterroriste a été saisie dans le cadre de l'incendie de la mairie de Limoges, survenu samedi, dans le centre-ouest de la France. Un suspect a été interpellé mardi, a appris l'AFP de source proche du dossier.

Cet homme, âgé de 40 ans, est connu pour son appartenance à la mouvance de l'ultragauche et pour des faits de violence sur personne dépositaire de l'autorité publique. Il est fiché S (individu susceptible de porter atteinte à la sûreté de l'État), selon la même source.

Il s'agit d'un habitant du département voisin de la Creuse, a précisé une source syndicale.

Samedi, des émeutes ont éclaté dans le centre-ville de Limoges, dans le Limousin, et des casseurs sont entrés dans la mairie pour y mettre le feu.

La partie ancienne de l'hôtel de ville de Limoges, inauguré en 1883, a été "quasi 100 % détruite" à l'intérieur, selon les autorités. La toiture et le beffroi se sont effondrés et seule la partie moderne, à l'arrière, a été sauvée par les pompiers.

SOURCE:TRT Français