MOYEN-ORIENT
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Près de la moitié des démocrates américains votent contre l'aide militaire à Israël
Malgré le rejet de l'amendement, le soutien de plus de 100 élus démocrates illustre une opposition croissante au soutien militaire inconditionnel des États-Unis à Israël.
Près de la moitié des démocrates américains votent contre l'aide militaire à Israël
Le soutien de plus de 100 élus démocrates illustre une opposition croissante au soutien militaire inconditionnel des États-Unis à Israël

La Chambre des représentants des États-Unis a rejeté un amendement législatif visant à supprimer les 3,3 milliards de dollars d'aide militaire annuelle accordée à Israël.

Le résultat du vote révèle toutefois un réalignement historique au sein du Parti démocrate, impensable il y a encore quelques années : 103 élus démocrates de la Chambre ont voté en faveur de cette réduction, remettant en cause de manière inédite le consensus de longue date de Washington sur sa politique au Moyen-Orient.

Présenté par le représentant républicain Thomas Massie, l'amendement a finalement été rejeté par 314 voix contre 104.

Le fait que près de la moitié des 212 démocrates de la Chambre aient soutenu cette mesure montre cependant à quel point le génocide à Gaza a profondément divisé la base du parti ainsi que ses élus.

Ce vote constitue un sérieux avertissement pour la direction démocrate à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.

Une direction démocrate divisée

Le vote a mis en lumière une fracture inhabituelle au sommet de la hiérarchie démocrate.

Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a voté contre l'amendement, estimant qu'il était “trop large” et risquait d'affecter les capacités diplomatiques des États-Unis. Il s'est toutefois abstenu de faire pression officiellement sur les élus de son parti pour qu'ils s'y opposent.

Jeffries a reconnu l'existence de “convictions profondément ancrées au sein du groupe parlementaire” concernant la guerre, signe d'une direction consciente de l'évolution des positions au sein du parti.

À l'inverse, la numéro deux des démocrates à la Chambre, Katherine Clark, a rompu avec Jeffries en votant en faveur de la suspension de l'aide militaire.

Selon elle, le gouvernement de Benjamin Netanyahu ne respecte plus les normes fondamentales et les États-Unis doivent changer de cap.

Elle a été rejointe par plusieurs figures influentes du parti, dont Robert Garcia, membre influent de la commission de la surveillance de la Chambre, qui a directement visé le Premier ministre israélien :

“C'est un dirigeant autoritaire corrompu qui devrait comparaître devant les tribunaux, et non recevoir des milliards de dollars supplémentaires pour acheter des armes”.

Un réalignement politique de fond

À travers les États-Unis, les électeurs des primaires sanctionnent de plus en plus les élus qui continuent d'adopter une position jugée trop favorable au gouvernement de Benjamin Netanyahu.

Le mois dernier, dans l'État de New York, deux élus démocrates sortants de l'establishment ont été battus lors des primaires par des candidats socialistes démocrates ayant placé les droits des Palestiniens au cœur de leur campagne.

Une évolution similaire s'est produite dans le Colorado, où la représentante progressiste Diana DeGette a été battue à la surprise générale par Melat Kiros, nouvelle venue en politique, qui avait fait de la réduction de l'aide militaire à Israël un axe central de sa campagne.

Par ailleurs, les positions sur Israël devraient être au cœur des prochaines primaires très disputées dans le Missouri et le Michigan, remettant directement en cause l'influence du puissant lobby pro-israélien American Israel Public Affairs Committee (AIPAC).

Avec le soutien officiel du Congressional Progressive Caucus au gel de l'aide militaire, ce vote montre qu'une position autrefois marginale au Capitole est désormais devenue un enjeu central dans la bataille pour l'avenir du Parti démocrate.


SOURCE:TRT français et agences