Trois législatives partielles ont eu lieu lundi en Ontario et au Québec, suite auxquelles le parti libéral de Mark Carney a remporté les trois circonscriptions, dont deux à Toronto ainsi que celle de Terrebonne au Québec.
Mark Carney, ancien banquier central, avait créé la surprise en remportant les élections législatives l'an dernier mais n'était pas parvenu à obtenir la majorité absolue en sièges.
"Ce soir, les électeurs ont accordé leur confiance au programme de notre nouveau gouvernement", a déclaré Carney, ajoutant que "l'heure est venue de nous unir afin de bâtir un Canada fort pour tous".
Carney veut un Canada plus fort
La stature d'économiste habitué à la gestion de crises de Carney avait convaincu l'an passé des Canadiens inquiets pour l'avenir de leur pays, que Donald Trump rêve de transformer en 51e État américain.
"Nous sommes au milieu d'une transformation qui va redéfinir le pays pour les générations à venir", a lancé Mark Carney pendant le week-end devant ses partisans, les appelant à mettre les "différences de moindre importance" de côté.
Depuis son élection, Mark Carney a annoncé des augmentations massives des dépenses militaires, affirmant que le Canada ne pouvait plus compter sur Washington pour sa sécurité. Il a aussi multiplié les voyages à l'étranger à la recherche de nouveaux accords commerciaux en Asie et en Europe et s’est rapproché politiquement de l’Union européenne.
Dans les rues de Toronto, Jeyaram Duraisingam a voté libéral car il salue les positions prises par Mark Carney face à Donald Trump.
"Il est prêt à aller sur le terrain, à nouer des liens avec l'Europe et avec différents pays, et à renforcer ces relations. Je pense que c'est important", a-t-il déclaré.
Carney le rassembleur
Le retour de Donald Trump au pouvoir a ébranlé les Canadiens qui se sont sentis menacés et qui ont rapidement constaté les effets de sa politique.
L'économie a ralenti au cours de l'année écoulée, affectée par l'imposition de droits de douane américains sur des secteurs clés comme l'acier ou l'automobile. Le pays a vu les suppressions d'emplois se multiplier dans les secteurs exposés et les embauches ralentir ailleurs - en mars, le chômage s'est établi à 6,7%.
Mais dans ce contexte, Mark Carney est parvenu à créer une dynamique derrière lui en "mettant l'accent sur le moment historique que nous vivons", estime la politologue Geneviève Tellier de l'Université d'Ottawa.
"Et jusqu'ici, sa volonté de rassembler semble fonctionner," ajoute-t-elle auprès de l'AFP. "Dans un moment de grande polarisation politique, il cherche à démontrer qu'il peut travailler avec tout le monde".
Ces dernières semaines, il est parvenu à obtenir des ralliements spectaculaires de la part de quatre députés conservateurs et d'une députée NPD.
Selon un sondage Nanos réalisé ce mois-ci, Carney est le Premier ministre préféré de 54% des personnes interrogées. Seuls 23% d'entre elles préfèrent son principal opposant, le conservateur Pierre Poilievre, qui a accusé de trahison les députés de son parti ayant changé de camp parlant d'"accords secrets".
Avec ces victoires, son gouvernement est en principe à l'abri jusqu'en 2029. Le dernier Premier ministre à disposer d'une majorité au Parlement avait été Justin Trudeau entre 2015 et 2019.






