C’est un nouvel épisode dans le feuilleton qui secoue le monde du football après la candidature à sa propre succession du président de la FIFA et son projet d’ouvrir le monde du football à des investisseurs privés, projet très critiqué, abandonné depuis le 1er août.
L’information du départ du Français a été publiée hier par The Athletic. "La FIFA peut confirmer que la collaboration entre la FIFA et Kevin Lamour, en sa qualité de directeur général des opérations de la FIFA, a pris fin le 17 août 2026", a indiqué un représentant interrogé par l'AFP.
"La FIFA remercie Kevin pour ses deux années de service et lui souhaite bonne chance pour l'avenir. Aucun autre commentaire ne sera fait à ce sujet", a-t-il ajouté.
Anciennement employé par l'UEFA, le dirigeant occupait depuis novembre 2024 le rôle de directeur général des opérations, d'où il supervisait des secteurs administratifs clés, comme le juridique, la communication et le personnel.

Une voix critique opposée à Infantino
Il a été l'une des voix les plus haut placées à critiquer le projet de Gianni Infantino d'ouvrir la FIFA à des investisseurs privés qui, en dépit de son abandon, continue de fracturer le milieu du foot.
Ce débat s’ajoute aux arguments de ceux qui dénoncent le mode de gestion du président de la FIFA, qui fait annuler un carton rouge lors de la Coupe du monde ou qui, selon ses détracteurs, modifie les compétitions et le calendrier des épreuves pour booster les revenus commerciaux.
"C'est le projet d'une seule personne (...) Non seulement ce projet ne doit pas voir le jour... mais le moment est désormais venu pour les dirigeants du monde du football de se poser les bonnes questions et de prendre les bonnes décisions", avait écrit Kevin Lamour dans un communiqué envoyé à l'agence de presse AP et publié le 31 juillet.
Les employés de la FIFA "méritent mieux que le mépris et l'intimidation", a-t-il insisté. "Si cela signifie que je perds mon emploi, tant pis (...) Je comprendrai et respecterai cette décision. Au moins, je dormirai bien cette nuit." Gianni Infantino est en effet connu pour ses méthodes de management entre menaces et pressions.
Kevin Lamour est un ancien cadre de l’UEFA qui a menacé de boycotter les épreuves organisées par la FIFA si le projet d’investissements privés voyait le jour, faut-il rappeler.
Une reprise en main avant l'élection en mars 2027
Le Français n'a pas été le seul cadre de la FIFA à s'être désolidarisé de Gianni Infantino : l'ancien entraîneur Arsène Wenger et le secrétaire général Mattias Grafström, considéré comme le N.2 de la FIFA, ont tous les deux salué l'abandon du projet porté par leur patron.
Le licenciement de Kevin Lamour indique que Gianni Infantino est déterminé à faire le ménage et à s’entourer de personnes qui suivent sa ligne.
Il compte bel et bien être réélu en mars 2027. Il brigue un troisième et dernier mandat. Mais la fronde s’organise : l’Union des associations européennes de football (UEFA), la Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf) et la Confédération asiatique (AFC) veulent le départ du patron de la FIFA.
Ce matin, la fédération écossaise a officiellement indiqué vouloir le départ d’Infantino.
Et les fédérations qui semblaient acquises montrent aujourd’hui des signes de nervosité. Ainsi, la Confédération africaine de football (CAF) montre une certaine incertitude. L'instance africaine avait, par le biais de son comité exécutif, apporté son soutien à Gianni Infantino, mais son président est intervenu jeudi dernier sur la chaîne britannique Sky News et Patrice Motsepe s’est retranché derrière les règles d’élection du président.
"Si quelqu'un a un problème avec qui que ce soit, que ce soit Gianni ou n'importe qui d'autre, qu'il suive la procédure, qu'il suive la procédure de la FIFA, c'est aussi simple que ça", a-t-il déclaré.
Rien n’est donc joué puisque la semaine dernière, six fédérations arabes ont donné leur soutien à Infantino, dont le Maroc qui a obtenu la Coupe du monde en 2030.





















