MOYEN-ORIENT
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Une commission de l'ONU accuse Israël d'"extermination" en Cisjordanie occupée
Une commission d'enquête internationale mandatée par l'ONU accuse Israël de commettre des crimes contre l'humanité contre les Palestiniens en Cisjordanie occupée, dont celui d'extermination, ainsi que des actes de tortures et des persécutions.
Une commission de l'ONU accuse Israël d'"extermination" en Cisjordanie occupée
Une commission de l'ONU accuse Israël d'"extermination" en Cisjordanie occupée

Lors de la présentation de ce rapport à l'ONU à New York, l'ambassadeur palestinien Riyad Mansour a exhorté la communauté internationale à "aller au-delà des déclarations et à prendre des mesures concrètes pour protéger le peuple palestinien", ainsi qu'"à tenir les responsables de crimes pour comptables de leurs actes".

Créée en 2021, cette commission indépendante avait conclu l'an dernier qu'Israël commettait un "génocide" à Gaza, des accusations que les autorités israéliennes qualifient de "mensongères" et "antisémites", tout comme les nouvelles accusations de crimes contre l'humanité en Cisjordanie occupée.

Dans son nouveau rapport, publié juste avant les élections législatives israéliennes mardi, la commission "conclut que les autorités et les forces israéliennes ont commis en Cisjordanie des crimes contre l'humanité d'extermination, de torture, de viol et d'autres formes de violence sexuelle, ainsi que de persécution, fondés sur des motifs discriminatoires qui se recoupent, au cœur desquels figurent la nationalité, la race et l'appartenance ethnique".

"Punir collectivement"

Le 4 septembre, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait déjà accusé Israël d'avoir déplacé de force plus de 33.000 Palestiniens de trois camps en Cisjordanie occupée début 2025, évoquant la possibilité d'un crime contre l'humanité et d'un nettoyage ethnique.

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Plus de trois millions de Palestiniens y vivent, ainsi que 500.000 Israéliens dans des colonies illégales au regard du droit international, dans un climat de violence exacerbée de part et d'autre, qui s'est encore tendu à l'approche des législatives israéliennes. 

La commission de l'ONU souligne une forte dégradation de la situation dans ce territoire : alors que six Palestiniens avaient été tués par des frappes aériennes entre 2008 et le 6 octobre 2023, 254 l'ont été entre le 7 octobre 2023 et le 30 septembre 2026.  

Dans son rapport, elle estime que les autorités israéliennes ont cherché à "punir collectivement" la population civile de Cisjordanie.

Selon elle, Israël mène depuis "une attaque généralisée et systématique contre les civils, au moyen d'opérations militaires renforcées par des violences persistantes de colons".

À Gaza, plus de 1500 Palestiniens ont par ailleurs été tués depuis la trêve d'octobre 2025, selon le ministère palestinien de la Santé.

"Stratégie"

"Le comportement des autorités et des forces armées israéliennes s'inscrit dans une stratégie plus large visant à exterminer et à déplacer les Palestiniens, et à leur imposer des conditions de vie invivables", a commenté le nouveau président de la commission, Srinivasan Muralidhar.

S'exprimant en visioconférence devant la commission sociale, humanitaire et culturelle de l'Assemblée générale de l'ONU, celui-ci a déclaré ne pas avoir obtenu de visa.

Également privée d'entrée sur le territoire américain, la rapporteure spéciale de l'ONU pour les territoires palestiniens occupés Francesca Albanese a elle présenté en visioconférence lundi un rapport sur la couverture médiatique de ces événements.

"Dans chaque génocide, la déshumanisation, le contrôle de l'information et la complicité des médias rendent la destruction d'un peuple acceptable", a-t-elle notamment soutenu.

Dans une décision retentissante en janvier 2024, la Cour internationale de justice (CIJ) a appelé Israël à prévenir tout acte de génocide à Gaza, mettant en garde contre un "risque réel et imminent" de "préjudice irréparable" pour les Palestiniens.

SOURCE:TRT français et agences